La figuration se paie au cachet journalier, pas au mois. Grille conventionnelle 2025 : environ 107 € bruts la journée de 8 h en production cinéma (≈ 84 € nets), 98 € en audiovisuel (96 € pour les groupes de plus de 30 figurants). La silhouette monte à environ 150 €, la silhouette parlante (jusqu'à 5 mots) jusqu'à 250 €. S'y ajoutent des majorations : heures supplémentaires (+25 % puis +50 %), travail de nuit (+50 % à +100 %), dimanches et jours fériés (jusqu'au doublement), costume d'époque ou uniforme (~70 €), tenue de soirée (~95 €), scènes dansées ou chantées, utilisation de son véhicule personnel (~35 €). Engagement à la semaine : environ 502 € bruts pour 5 jours, 623 € pour 6 jours. En pratique, un figurant très demandé qui enchaîne les journées atteint 1 700 à 2 450 € bruts mensuels, mais la plupart travaillent quelques jours par mois seulement et perçoivent bien moins. Il ne faut jamais payer pour s'inscrire : les castings sérieux sont gratuits.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Aucun diplôme n'est requis pour faire de la figuration : le recrutement se fait sur le profil (âge, physique, silhouette, cheveux, tatouages, savoir-faire particuliers) et non sur un CV scolaire. Il suffit de s'inscrire gratuitement sur des plateformes de casting (CastProd, Figurants.com, Allcasting…) ou auprès d'agences de figuration, avec deux photos naturelles : un plan pied et un portrait sur fond neutre, sans maquillage ni filtre. Les mineurs doivent obtenir une autorisation de la commission des enfants du spectacle.
Pour progresser vers la silhouette parlante puis le métier de comédien, une formation en art dramatique devient indispensable : cours de théâtre amateur, conservatoire à rayonnement communal, départemental ou régional (accessible dès le collège/lycée), écoles privées reconnues (Cours Florent, Cours Simon, École Claude Mathieu…), classes préparatoires théâtre, puis le DNSPC (Diplôme national supérieur professionnel de comédien, bac+3) délivré par une dizaine d'écoles supérieures d'art dramatique dont le CNSAD, l'ENSATT, le TNS ou l'ESAD. Le bac technologique S2TMD option théâtre et la licence Arts du spectacle constituent d'autres portes d'entrée. Développer une compétence rare (équitation, danse, escrime, langue étrangère, sport de combat) est souvent plus rentable, à court terme, qu'un diplôme.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Une journée de figuration commence tôt, souvent avant 7 h. Première étape : la production, où l'on signe son contrat, puis le passage aux costumes, à la coiffure et au maquillage — les tenues sont fournies et doivent correspondre exactement à l'époque et à l'ambiance de la scène. Ensuite vient l'attente, qui occupe une grande partie de la journée : la même scène est tournée des dizaines de fois sous des angles différents, et les figurants patientent en base-vie entre deux prises.
Sur le plateau, l'assistant réalisateur explique le déroulé : traverser la rue au signal, faire semblant de discuter sans émettre un son (pour ne pas polluer la prise), s'asseoir à telle table, applaudir au bon moment. Chacun repère ses marques au sol et doit refaire exactement le même déplacement à chaque prise — c'est ce qu'on appelle le raccord. Le figurant ne regarde jamais l'objectif, ne parle pas au comédien principal et éteint son téléphone. À la fin de la journée, il signe sa feuille de présence : c'est elle qui déclenche le paiement du cachet.
Le métier s'exerce en studio, en décors naturels (rues, gares, forêts, plages) ou sur scène pour l'opéra et le théâtre. Les journées durent 8 heures minimum, souvent davantage avec les heures supplémentaires, et les horaires sont totalement variables : tournages de nuit, week-ends, appels à l'aube. L'effort physique est réel — rester debout des heures, marcher en boucle, tourner en manteau d'hiver sous 30 °C ou en robe légère en février.
Le figurant est un salarié engagé en CDD d'usage, généralement à la journée, par une société de production ou une agence de casting. En 2025, la convention collective de la production cinématographique fixe le cachet minimum à environ 107 € bruts pour 8 heures au cinéma et 98 € en audiovisuel ; une silhouette (personnage identifiable, mentionné sur la feuille de service) est mieux payée, et une silhouette parlante jusqu'à 5 mots peut atteindre 250 €. Au-delà de 5 mots, on bascule sur un contrat de comédien. Les tournages se concentrent massivement en Île-de-France, puis dans les régions actives (Auvergne-Rhône-Alpes, Provence, Hauts-de-France, Nouvelle-Aquitaine).
Attention à un point essentiel : l'inscription sur un site de casting sérieux est toujours gratuite. Toute agence qui réclame des frais d'inscription, un book payant obligatoire ou un stage payant avant de proposer du travail doit éveiller la méfiance.
Pour l'immense majorité, la figuration reste un complément de revenu ou un job étudiant, pas une carrière à plein temps : le rythme est trop irrégulier pour en vivre durablement, et atteindre les 507 heures nécessaires au régime d'intermittent du spectacle est très difficile avec des cachets à la journée.
La progression naturelle passe par la montée en catégorie : figurant → silhouette → silhouette parlante → petit rôle → comédien. Elle s'accélère si l'on se forme sérieusement (conservatoire municipal ou régional, cours de théâtre, écoles privées, puis DNSPC pour les plus déterminés) et si l'on développe des compétences rares que les productions recherchent : équitation, danse, arts martiaux, escrime, langues étrangères, conduite d'engins, sports de haut niveau. Beaucoup profitent aussi de leur présence sur les plateaux pour découvrir les métiers techniques et bifurquer vers la régie, la production, les costumes ou l'assistanat réalisation, où les débouchés stables sont nettement plus nombreux.
Les missions ne manquent pas — France Travail recense environ 8 400 offres sur douze mois dans la famille des acteurs de complément, et Paris a accueilli plus de 6 000 tournages en 2025 (92 longs métrages, 66 séries, 73 documentaires) — mais la concurrence est massive : aucun diplôme n'étant requis, des dizaines de milliers de personnes sont inscrites sur les plateformes de casting pour un même appel. Le marché reste très concentré en Île-de-France, complété par les régions à forte activité de tournage. Le contexte 2025-2026 est contrasté : le streaming tire la demande de séries, mais le CNC a enregistré une baisse de la production aidée (290 films agréés, −6,1 %, et 4 157 heures d'audiovisuel, −4,3 % par rapport à 2024). Le recrutement se digitalise fortement : de plus en plus de castings passent par Instagram et TikTok, et les productions recherchent des profils « authentiques » qui pratiquent réellement une activité (sportifs, musiciens, cavaliers). Conclusion : décrocher une journée de figuration est facile, en faire un revenu régulier est très difficile — la quasi-totalité des figurants exercent une autre activité en parallèle.