L'écart est énorme selon le type de structure. Un secrétaire général de mairie débutant (grille de rédacteur territorial) démarre autour de 2 000 à 2 400 € brut par mois, avec les primes. Dans une association ou une PME, un secrétaire général se situe généralement entre 3 500 et 6 000 € brut mensuels. Dans une ETI ou un grand groupe, la fonction est un poste de direction générale : de 6 000 à plus de 12 000 € brut par mois, avec une part variable importante (le salaire médian relevé sur les offres tourne autour de 8 000 € brut mensuels, et les rémunérations dépassent 150 000 € annuels dans les grands groupes cotés). Dans la fonction publique, la rémunération suit une grille indiciaire à laquelle s'ajoutent le régime indemnitaire et, pour les postes de direction, une NBI.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (statut cadre, ~25 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Deux grandes voies mènent à ce métier.
Dans le privé et les grandes administrations : un bac+5 est la norme, généralement un master en droit des affaires ou en droit public, un master en management / administration des entreprises, un diplôme d'école de commerce (spécialisation finance, gestion ou gouvernance) ou un diplôme d'IEP (Sciences Po). Le parcours type : licence de droit, d'économie-gestion ou d'AES → master ou école → premiers postes de juriste d'entreprise, contrôleur de gestion, responsable administratif et financier ou chargé de mission auprès de la direction → secrétaire général après 10 à 15 ans d'expérience.
Dans la fonction publique territoriale : le secrétariat général de mairie est accessible bien plus tôt, par concours. Concours de rédacteur territorial (catégorie B, ouvert au niveau bac) pour les petites communes, concours d'attaché territorial (catégorie A, bac+3 minimum) pour les communes plus importantes. Attention à une évolution réglementaire : à partir du 1er janvier 2028, les fonctions de secrétaire général de mairie devront être exercées par un agent de catégorie B au minimum dans les communes de moins de 2 000 habitants, et de catégorie A au-dessus. Des diplômes universitaires dédiés (comme le DU Secrétaire de mairie de l'Université de Lorraine) et des parcours certifiants du CNFPT permettent aussi de se former, y compris en reconversion.
Le milieu associatif offre une troisième porte d'entrée, souvent plus accessible pour un jeune diplômé bac+5 dans une structure de taille moyenne.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Le secrétaire général est celui qui « tient les manettes » de l'organisation au quotidien. Il prépare les dossiers que la direction ou les élus vont devoir trancher : notes de synthèse, budgets, contrats, rapports d'activité. Il organise et suit les grandes réunions de gouvernance (conseil d'administration, assemblée générale, conseil municipal) : ordre du jour, convocations, comptes rendus, puis suivi des décisions prises.
Au-delà, il pilote les fonctions support : administration, juridique, finances, ressources humaines, parfois les achats, l'informatique et les services généraux (bâtiments, sécurité, logistique). Il est aussi le garant de la conformité — il vérifie que l'organisation respecte ses obligations légales et réglementaires, et il est souvent l'interlocuteur des autorités, des partenaires, des financeurs ou des administrés. Dans une petite commune, le secrétaire général de mairie fait tout cela seul ou presque : état civil, urbanisme, paie des agents, budget communal, accueil des habitants.
C'est un métier de bureau, avec beaucoup de réunions, de lecture de documents et de coordination. Le rythme est dense et les horaires débordent souvent du 9h-17h : conseils municipaux en soirée, clôtures budgétaires, assemblées générales, dossiers urgents. Le télétravail est possible en partie, mais la présence physique reste importante — le secrétaire général est le point de contact de tout le monde. Dans les petites communes, le poste est parfois itinérant : on partage son temps entre plusieurs mairies, ce qui suppose de se déplacer en voiture.
Deux exigences fortes accompagnent la fonction : la discrétion (on manipule des informations confidentielles — salaires, contentieux, décisions stratégiques) et la diplomatie (on doit faire travailler ensemble des directions, des élus ou des partenaires qui n'ont pas toujours les mêmes priorités).
On ne devient presque jamais secrétaire général au sortir des études : c'est un poste d'aboutissement qu'on atteint après plusieurs années en tant que juriste d'entreprise, responsable administratif et financier, chargé de mission auprès de la direction générale, ou après un concours de la fonction publique territoriale. Une exception importante : le secrétariat général de mairie dans les petites communes, accessible bien plus tôt (dès le niveau bac ou bac+3 via les concours de rédacteur ou d'attaché territorial) et qui recrute beaucoup.
Ensuite, les évolutions sont larges : direction générale d'une entreprise, d'un établissement public ou d'une association, direction administrative et financière, direction juridique, ou passage vers une structure plus grande (d'une commune rurale vers une intercommunalité, d'une PME vers un groupe). C'est un métier qui donne une vision à 360° de l'organisation — le meilleur tremplin possible vers un poste de dirigeant.
Le marché est très contrasté. Côté fonction publique territoriale, la demande est forte et durable : les collectivités peinent à recruter des secrétaires généraux de mairie à cause des départs à la retraite massifs, de la complexité croissante des missions et du manque de candidats formés aux spécificités des communes rurales. France Travail et le CNFPT ont mis en place des parcours de formation dédiés, et environ 90 % des personnes formées sont recrutées dans les six mois. La loi de 2023 a revalorisé le métier et rehaussé les exigences de catégorie à l'horizon 2028, ce qui entretient le besoin de recrutement. Côté entreprise, le nombre de postes est mécaniquement limité (il n'y a qu'un secrétaire général par structure) et la concurrence est vive : c'est un poste qu'on atteint par promotion interne ou après un long parcours, rarement par candidature directe. La fonction se développe toutefois avec la montée en puissance de la conformité, de la RSE et de la gouvernance, qui rendent le rôle de plus en plus stratégique.