La rémunération dépend surtout de la taille de la structure. Dans une petite commune, un secrétaire général ou DGS débute autour de 2 200 à 2 800 € brut par mois. Dans une ville moyenne ou une intercommunalité, on se situe plutôt entre 4 000 et 6 000 € brut. Les DGS de grandes collectivités (métropoles, départements, régions) ou de grands établissements publics dépassent 7 000 à 9 000 € brut mensuels, soit 70 000 à 110 000 € brut annuels. Le traitement indiciaire de base est complété par un régime indemnitaire (RIFSEEP), une NBI liée à l'emploi fonctionnel et, souvent, une prime de responsabilité. Les dirigeants d'EPIC ou d'entreprises publiques relèvent parfois de grilles de droit privé, plus élevées.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (statut cadre, ~25 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Le poste n'est pas accessible directement après les études : il se conquiert après plusieurs années d'expérience dans l'encadrement public. Le socle de formation le plus fréquent est un Bac+5 : master en droit public, en administration publique, en management public, en finances publiques, ou un diplôme d'Institut d'études politiques (IEP / Sciences Po). Les Instituts de préparation à l'administration générale (IPAG) et les Centres de préparation à l'administration générale (CPAG) préparent spécifiquement aux concours.
L'entrée dans la carrière passe généralement par un concours de catégorie A : attaché territorial ou ingénieur territorial (accessible à Bac+3), ou administrateur territorial (A+, très sélectif, suivi de 18 mois de formation rémunérée à l'INET de Strasbourg). Côté État, l'équivalent est l'INSP (Institut national du service public, ex-ENA) ou les IRA pour le corps des attachés d'administration de l'État. Un recrutement direct de contractuel sur emploi fonctionnel est également possible, notamment pour les profils expérimentés venus du privé ou d'un autre versant de la fonction publique. Les petites communes recrutent souvent leur secrétaire général parmi des rédacteurs ou attachés en interne.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Le directeur général (souvent appelé DGS, directeur général des services) est le plus haut cadre administratif d'une collectivité, d'une intercommunalité ou d'un établissement public (université, musée, agence, office public, EPIC…). Sa journée type ? Beaucoup de réunions et de décisions. Le matin, un point avec le maire, le président ou le conseil d'administration pour préparer les délibérations à venir. Ensuite, un comité de direction avec les directeurs de services (finances, RH, techniques, urbanisme, culture…) pour arbitrer les priorités et débloquer les dossiers.
Le reste du temps se partage entre le pilotage du budget (préparation, exécution, recherche de subventions), le suivi des grands projets (construction d'un équipement, réorganisation d'un service, transition numérique ou écologique), le management des équipes — parfois plusieurs centaines d'agents — et le dialogue social avec les représentants du personnel. Il ou elle veille aussi à la sécurité juridique de tout ce qui se signe : marchés publics, conventions, arrêtés. Enfin, une partie importante du métier consiste à représenter l'établissement à l'extérieur : préfecture, État, autres collectivités, entreprises, associations, partenaires financiers.
Le travail est essentiellement de bureau, mais avec de nombreux déplacements : réunions sur le terrain, visites de chantiers, rendez-vous partenariaux, conseils municipaux ou communautaires en soirée. Les horaires débordent largement du 9h-17h — les séances des assemblées délibérantes ont souvent lieu le soir, et les périodes de vote du budget ou de crise (intempéries, sécurité, conflit social) demandent une grande disponibilité. Le télétravail est possible ponctuellement mais reste limité : la présence auprès des élus et des équipes fait partie du poste.
Un point clé à comprendre : dans la fonction publique territoriale, le DGS occupe un emploi fonctionnel. Il est recruté par l'exécutif (le maire, le président) qui lui accorde sa confiance… et peut y mettre fin. Un changement de majorité après une élection peut donc entraîner une fin de détachement. C'est un métier de responsabilité, exposé, où le sens politique compte autant que la technique. En contrepartie, la rémunération intègre des primes et une NBI (nouvelle bonification indiciaire) liées à la fonction.
On ne devient pas DGS à 25 ans : c'est un aboutissement de parcours. Le chemin classique passe par un concours de catégorie A (attaché territorial, ingénieur territorial, ou administrateur territorial pour l'accès aux plus grandes structures), quelques années comme chargé de mission ou directeur d'un service, puis un poste de directeur général adjoint (DGA) ou de DGS d'une petite commune. Ensuite, la progression se fait par la taille : d'une commune de 5 000 habitants vers une agglomération, un département, une région ou un grand établissement public.
D'autres portes s'ouvrent aussi : direction d'administration centrale ou de services déconcentrés de l'État, direction d'un établissement de santé ou médico-social, direction d'entreprise publique locale (SEM, SPL), conseil auprès des collectivités, ou passage vers le secteur privé sur des fonctions de direction générale ou d'affaires publiques.
Le marché est porteur pour les cadres dirigeants du secteur public. Les collectivités signalent des difficultés récurrentes à recruter sur les emplois de direction : les responsabilités sont lourdes, l'expertise attendue très large, et la concurrence salariale du privé est réelle. À cela s'ajoute une vague massive de départs à la retraite dans la fonction publique d'ici 2030, qui libère de nombreux postes d'encadrement supérieur. Le nombre de postes reste toutefois limité par nature (une structure = un DGS), et la mobilité est forte : les fins de détachement après élections locales font tourner régulièrement les postes, ce qui crée des opportunités mais aussi de l'instabilité. Les profils maîtrisant les finances publiques, la commande publique, la transition écologique et la transformation numérique sont particulièrement recherchés.