La rémunération suit une grille indiciaire de la fonction publique territoriale : environ 1 920 € brut par mois en début de carrière et jusqu'à 2 968 € brut en fin de carrière (11 échelons, environ 27 ans pour atteindre le dernier), soit à peu près 1 500 € à 2 350 € net avant primes. À cela s'ajoutent le RIFSEEP (régime indemnitaire), la NBI et le supplément familial de traitement, qui peuvent représenter plusieurs centaines d'euros par mois selon la collectivité. Le nouveau cadre d'emplois issu de la loi de 2023 a revalorisé l'indice de départ (gain de 50 à 150 € brut mensuels pour les agents reclassés). Un poste de catégorie A dans une commune plus grande ou une fonction de DGS permet de dépasser nettement ces montants.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Il n'existe pas un diplôme unique « secrétaire de mairie » : on entre dans le métier par la fonction publique territoriale, principalement sur concours. Trois voies classiques : le concours d'adjoint administratif territorial (catégorie C, sans condition de diplôme), le concours de rédacteur territorial (catégorie B, niveau bac) et le concours d'attaché territorial (catégorie A, niveau licence). Attention : à partir du 1er janvier 2028, seuls des fonctionnaires de catégorie A ou B pourront occuper l'emploi de secrétaire général de mairie — viser le bac puis un bac +2/+3 est donc le pari le plus sûr.
Les formations initiales les plus utiles : bac pro AGOrA (assistance à la gestion des organisations et de leurs activités) ou bac STMG, puis BTS SAM (support à l'action managériale) ou BTS GPME, BUT carrières juridiques, licence administration publique ou licence de droit. Plusieurs universités (Lorraine, Poitiers, Reims…) proposent un diplôme d'université « Secrétaire de mairie », enregistré au RNCP et accessible dès le bac, très apprécié des recruteurs. Les centres de gestion (CDG) organisent aussi des formations qualifiantes régionales, souvent avec un stage en mairie et une insertion très rapide. Depuis 2024, une formation obligatoire au premier emploi s'applique à toute personne prenant un poste de secrétaire général de mairie. La reconversion est fréquente : beaucoup arrivent d'un poste de secrétaire, d'assistant comptable ou d'agent d'accueil.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Imagine un bureau où l'on passe, en une seule matinée, de l'enregistrement d'une naissance à la préparation du budget communal, puis à l'instruction d'un permis de construire. C'est le quotidien du ou de la secrétaire de mairie. Concrètement : rédiger les délibérations et les comptes rendus du conseil municipal, tenir les registres d'état civil (naissances, mariages, décès, reconnaissances de paternité), préparer et suivre le budget de la commune, établir les paies des agents municipaux, monter les dossiers de subvention avec la préfecture ou le département, organiser les élections, gérer les inscriptions à la cantine, à la garderie ou au transport scolaire.
Et puis il y a l'accueil : les habitants poussent la porte de la mairie pour une carte d'identité, un problème de voisinage, une demande d'aide sociale. Le ou la secrétaire de mairie est souvent le premier visage du service public dans un village. Ce rôle de conseil auprès du maire et des élus est central : ce sont eux qui décident, mais c'est lui ou elle qui connaît les règles, alerte sur ce qui est possible ou non, et transforme une intention politique en acte administratif valide.
Le travail se fait essentiellement en bureau, dans la mairie, sur poste informatique avec des logiciels métiers spécialisés (Berger-Levrault, JVS-Mairistem…). Les horaires suivent les heures d'ouverture au public, avec souvent une permanence le samedi matin et des réunions de conseil municipal en soirée : il faut de la disponibilité. Beaucoup de secrétaires de mairie travaillent à temps partagé entre plusieurs petites communes, ce qui implique des déplacements réguliers — le permis B est presque indispensable en zone rurale.
La charge mentale est réelle : on est souvent seul(e) à maîtriser des sujets très différents (droit, comptabilité publique, urbanisme, RH) dans une réglementation qui bouge sans arrêt. En contrepartie, l'autonomie est grande et le lien avec les habitants très concret. Le télétravail reste partiel et limité, puisque l'accueil du public et la tenue des registres officiels demandent une présence sur place.
Depuis la loi du 30 décembre 2023, le métier a été revalorisé et renommé « secrétaire général(e) de mairie » dans les communes de moins de 2 000 habitants, avec une carrière plus attractive et des passerelles de promotion interne vers la catégorie B. À partir du 1er janvier 2028, ces fonctions devront être exercées par des fonctionnaires de catégorie A ou B, ce qui pousse vers le bac +2/+3.
Côté évolution, on peut viser une commune plus grande, devenir directeur ou directrice général(e) des services (DGS) d'une commune moyenne ou d'une intercommunalité, se spécialiser (urbanisme, marchés publics, finances locales, ressources humaines), ou rejoindre un centre de gestion, un département ou une région. La fonction publique territoriale permet aussi de bouger horizontalement vers d'autres services : c'est un excellent tremplin pour découvrir l'ensemble des métiers de l'administration locale.
C'est l'un des métiers les plus recherchés de la fonction publique territoriale. Environ 2 000 postes sont vacants aujourd'hui et 8 000 à 10 000 seront à pourvoir d'ici 2030, un tiers des secrétaires de mairie partant à la retraite sur la période. Les petites communes rurales peinent à recruter, au point que certaines partagent un même agent entre plusieurs mairies. Selon la FNCDG, il s'agit du premier métier en tension de la territoriale, et 90 % des candidats formés trouvent un poste dans les six mois. Les centres de gestion et plusieurs universités ont ouvert des formations dédiées pour répondre à cette pénurie. Le revers : les postes se trouvent surtout en zone rurale, donc la mobilité géographique est un vrai atout.