En sortie d'école, un sous-lieutenant démarre autour de 1 900 € brut par mois et un lieutenant autour de 2 100 € brut ; les officiers sous contrat encadrement affichent une rémunération d'environ 2 600 € brut mensuels après la première année (célibataire sans enfant). Un capitaine se situe autour de 2 900 € brut, un colonel autour de 3 750 € brut hors primes. À la solde de base s'ajoutent de nombreuses indemnités (sujétions, absence du domicile, spécialités) qui peuvent représenter jusqu'à environ 45 % de la solde brute, et la rémunération peut être multipliée par un facteur allant jusqu'à 2,5 en opération extérieure. S'y ajoutent des avantages en nature : logement facilité en garnison, restauration, 45 jours de permissions par an, réduction SNCF. Une nouvelle grille indiciaire des officiers, publiée fin 2025, revalorise progressivement ces montants.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Trois grandes voies mènent à ce métier, toutes passant par l'Académie militaire de Saint-Cyr Coëtquidan (Guer, Morbihan).
1. Officier de carrière — École spéciale militaire de Saint-Cyr (ESM). Recrutement sur concours après une CPGE (scientifique, littéraire ou économique), pour une scolarité de 3 ans délivrant un diplôme de niveau bac+5 (dont un diplôme d'ingénieur pour la filière sciences de l'ingénieur, enregistré au RNCP). Un concours « sur titres » permet aussi d'entrer avec un master (bac+5) pour une scolarité d'un an.
2. Officier sous contrat encadrement (OSC-E) — École militaire des aspirants de Coëtquidan (EMAC). Recrutement sur dossier et entretiens à partir de bac+2 (souvent bac+3 ou bac+5 dans les faits). Formation d'environ un an à Coëtquidan, puis quelques semaines à quelques mois en école d'application de la spécialité (infanterie et blindés à Saumur, génie à Angers, artillerie à Draguignan, transmissions à Rennes...). Contrat initial de plusieurs années, renouvelable, avec possibilité de basculer vers un statut d'officier de carrière.
3. École militaire interarmes (EMIA). Voie interne : les meilleurs sous-officiers et engagés deviennent officiers en deux ans de scolarité.
Dans tous les cas : être de nationalité française, jouir de ses droits civiques, être apte médicalement et physiquement, avoir effectué la JDC. Les profils sportifs, les titulaires de licences STAPS, de diplômes scientifiques ou techniques et les personnes ayant une expérience de l'encadrement (BAFA, réserve, sport collectif) sont appréciés. La réserve opérationnelle et la préparation militaire supérieure sont d'excellentes portes d'entrée pour tester le métier avant de s'engager.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Au quotidien, ce responsable commande une unité élémentaire — une section ou un peloton de 15 à 30 combattants — au sein d'un régiment de l'armée de Terre ou d'une unité aéroterrestre. Sa journée type alterne entre la préparation des missions (étude du terrain sur carte et sur écran, rédaction d'ordres, briefings), l'instruction de ses subordonnés (tir, combat, secourisme, sport) et la conduite d'exercices sur le terrain. Il gère aussi le « quotidien » de son unité : matériel, munitions, véhicules, budget, permissions, entretiens individuels, notation.
Selon sa spécialité, le contenu change beaucoup. Un cadre de l'infanterie ou du combat blindé conduit des manœuvres tactiques avec des véhicules type Griffon ou Leclerc. Un cadre du génie organise le franchissement d'une rivière ou le déminage. Un spécialiste NRBC prépare la réponse à une menace nucléaire, radiologique, biologique ou chimique. Un expert de la livraison par air ou du transit aérien planifie l'acheminement de troupes et de matériel par avion et par largage. Un spécialiste de la planification des opérations aériennes coordonne, depuis un centre d'opérations, l'appui aérien apporté aux forces au sol.
Le métier s'exerce en garnison (quartier militaire, camp d'entraînement) et surtout à l'extérieur : bivouacs, exercices en tout temps, déplacements en véhicule blindé ou en hélicoptère. Les horaires classiques n'existent pas : gardes, astreintes, travail de nuit et alertes font partie du contrat. La disponibilité est totale, avec des projections en opération intérieure (Sentinelle) ou extérieure (OPEX) de quatre à six mois, et une mutation en moyenne tous les trois ans. La condition physique doit être entretenue en permanence — le sport fait partie du service. En contrepartie : logement facilité, restauration, 45 jours de permissions par an, réductions SNCF, et une solde majorée en opération.
Le parcours est très balisé. Sorti d'école comme lieutenant, on commande une section pendant deux à quatre ans, puis on devient capitaine et commandant d'unité (une centaine de soldats). Viennent ensuite les fonctions d'état-major, l'École de guerre pour les meilleurs, puis les grades d'officier supérieur (commandant, lieutenant-colonel, colonel) et les postes de conseiller ou d'expert en études opérationnelles, parfois en organisation internationale (OTAN, ONU, Union européenne).
Une autre voie consiste à se spécialiser durablement : instruction, simulation opérationnelle, cynotechnie, NRBC, livraison par air. Enfin, la reconversion civile est très encadrée (Défense Mobilité, Mission de reconversion des officiers) : les compétences de management d'équipe, de gestion de crise, de logistique et de sécurité sont recherchées dans la sûreté d'entreprise, la logistique, l'industrie de défense ou la gestion de projet.
L'armée de Terre recrute massivement et en continu (plus de 15 000 recrutements par an tous statuts confondus), et l'encadrement — officiers et sous-officiers — figure parmi les besoins prioritaires, dans un contexte de remontée en puissance des armées prévue par la loi de programmation militaire. Les places restent toutefois sélectives : le concours de Saint-Cyr est exigeant, et le recrutement d'officier sous contrat passe par une batterie de tests psychotechniques, sportifs et d'entretiens. La sélection porte moins sur le diplôme que sur le potentiel de commandement et l'aptitude physique. Les spécialités techniques et rares (NRBC, cyber, transit aérien, livraison par air, systèmes d'information opérationnels) sont particulièrement recherchées. À la sortie, la reconversion civile est bien accompagnée par Défense Mobilité et la Mission de reconversion des officiers.