Les rémunérations sont encadrées par la convention collective nationale des journalistes, qui fixe des minima par barème. Un journaliste débutant en audiovisuel gagne généralement entre 1 700 € et 2 500 € brut par mois ; un présentateur qui accède à l'antenne sur une chaîne ou une radio nationale se situe plutôt entre 2 800 € et 4 500 € brut. Un présentateur confirmé d'une édition à forte audience dépasse couramment 5 000 à 6 000 € brut mensuels, et les postes d'encadrement (rédacteur en chef) montent au-delà. Les écarts sont énormes selon le média : une radio associative ou une télévision locale paie très en dessous d'une grande chaîne nationale. Les présentateurs vedettes des JT de 20h relèvent d'un tout autre univers (plusieurs dizaines de milliers d'euros mensuels), mais ils sont une poignée en France et ne représentent absolument pas la réalité du métier. S'ajoutent parfois des primes de langue, de nuit, de week-end ou des indemnités de déplacement. Les pigistes, eux, sont payés à l'article ou à la prestation, avec des revenus nettement plus faibles et irréguliers (environ 1 950 € brut mensuels en moyenne).
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Aucun diplôme n'est légalement obligatoire pour exercer le journalisme, mais dans les faits l'accès aux rédactions audiovisuelles passe presque toujours par une formation reconnue par la profession. La Commission paritaire nationale de l'emploi des journalistes (CPNEJ) reconnaît une quinzaine de cursus : deux BUT information-communication parcours journalisme (IUT de Lannion et de Cannes, bac+3), plusieurs masters universitaires (CELSA, CUEJ Strasbourg, EJCAM Marseille, EPJT Tours, IFP Paris-Panthéon-Assas, IJBA Bordeaux, EJDG Grenoble), des diplômes d'écoles privées (CFJ Paris, ESJ Lille, EJT Toulouse) et des diplômes conférant grade de master (Sciences Po Paris, IPJ Paris-Dauphine).
Le parcours type : un bac général (souvent avec des spécialités HGGSP, SES, HLP ou LLCE), puis une licence (droit, histoire, science politique, lettres, LEA, économie) ou un BUT, avant de passer les concours d'entrée en école — très sélectifs, avec des taux d'admission souvent inférieurs à 10 %. Beaucoup de candidats passent par une prépa journalisme. Les formations non reconnues (bachelors d'écoles privées comme l'ISCPA, l'EFJ, l'IEJ, l'École du journalisme) restent une voie possible, mais moins valorisée à l'embauche dans les grandes rédactions.
Une bonne maîtrise de l'anglais est attendue, et une double compétence (économie, sciences, droit, santé, environnement) constitue un vrai atout pour se spécialiser. La pratique compte au moins autant que le diplôme : radio étudiante, journal d'école, stages, piges, alternance.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
La journée commence bien avant l'antenne. Le présentateur journaliste arrive à la rédaction plusieurs heures avant la diffusion : il dépouille les fils d'agence (AFP, Reuters), suit les alertes, lit la presse et participe à la conférence de rédaction où l'équipe choisit les sujets et l'ordre du journal — ce qu'on appelle le « conducteur ». Il écrit ensuite lui-même ses lancements, ces quelques phrases qui introduisent chaque reportage, en cherchant le mot exact et le ton juste.
Vient ensuite la partie visible : maquillage, oreillette, plateau. Pendant le direct, il lit son prompteur tout en écoutant la régie dans son oreillette, réagit aux imprévus (un sujet qui n'arrive pas, une info de dernière minute), interviewe un invité, anime un débat. À la radio, il enchaîne souvent des flashs d'information toutes les heures ou anime une tranche matinale. Il lui arrive aussi de partir en reportage sur le terrain ou de présenter une édition spéciale depuis un lieu d'événement. Après le journal, il prolonge souvent l'échange avec le public sur les réseaux sociaux.
Le métier s'exerce en studio de télévision ou de radio, avec des allers-retours entre la salle de rédaction et le plateau. Les horaires sont rarement standards : une matinale radio se prépare à partir de 3 ou 4 heures du matin, un JT de 20h se termine tard, et les week-ends comme les jours fériés sont travaillés par roulement. L'actualité ne prévient pas : un attentat, une catastrophe ou une soirée électorale peuvent faire basculer un planning en quelques minutes.
La pression est réelle. Il faut assimiler beaucoup d'informations très vite, garder son calme quand tout bouge et assumer publiquement chaque mot prononcé. En contrepartie, c'est un métier qui donne accès à des sujets et à des personnalités hors du commun, et où l'on ne s'ennuie jamais deux jours de suite. Le télétravail y est quasi impossible : le direct se fait sur place, même si une partie de la veille et de l'écriture peut se préparer à distance.
Personne ne commence sa carrière au JT de 20h. On débute généralement comme journaliste rédacteur, pigiste ou reporter en rédaction locale, avant de gagner l'antenne sur des flashs, des éditions de nuit ou de week-end, puis des tranches à plus forte audience. Beaucoup se spécialisent en cours de route : politique, économie, international, sport, sciences, culture.
Les évolutions classiques mènent vers chef d'édition, rédacteur en chef, directeur de la rédaction ou producteur d'émission. D'autres bifurquent vers le grand reportage, le documentaire, l'animation d'émissions, le podcast ou la création de leur propre média en ligne. Les passerelles vers la communication (porte-parole, directeur de la communication, relations presse) ou vers l'enseignement en école de journalisme sont également fréquentes.
Le journalisme reste un métier très attractif et donc très concurrentiel : les écoles reconnues n'accueillent chaque année que quelques centaines d'étudiants pour des milliers de candidats, et les postes de présentateur sont parmi les plus disputés de la profession. En 2025, la CCIJP a délivré 34 784 cartes de presse, un chiffre en légère baisse (-0,5 %), et surtout les premières demandes reculent de près de 9 % — signe que l'entrée dans le métier se resserre. Les débuts se font majoritairement en CDD (63 % des premières cartes) ou en pige, souvent en rédaction locale ou régionale, avant d'espérer une place à l'antenne. Le secteur connaît par ailleurs des plans de restructuration réguliers dans la presse et l'audiovisuel public. Deux notes plus encourageantes : les chaînes d'info en continu, les webradios, les podcasts et les médias en ligne (y compris des chaînes YouTube et comptes Instagram désormais reconnus par la CCIJP) créent de nouveaux formats de présentation ; et la maîtrise du multimédia (écrire, filmer, monter, présenter, animer une communauté) rend un profil beaucoup plus employable. La profession se féminise nettement : 54,5 % des premières cartes ont été attribuées à des femmes en 2025.