À l'hôpital public, un praticien hospitalier débutant démarre autour de 4 000 à 4 600 € brut par mois, primes de base comprises ; avec l'ancienneté et les gardes, la rémunération monte vers 8 000 à 9 000 € brut en fin de carrière. Les gardes et astreintes représentent une part importante du revenu. En clinique privée ou en libéral, les revenus sont bien plus élevés : couramment 10 000 à 20 000 € net par mois, et davantage pour les praticiens très établis (mais avec charges, cotisations et assurance RCP à déduire). Pendant l'internat, la rémunération est celle d'un interne (environ 1 600 à 2 500 € net selon l'année et les gardes). Écart d'environ 20 % entre Paris et les zones peu denses. La fourchette indiquée mélange salariat hospitalier et exercice libéral : lis-la comme un ordre de grandeur, pas comme une grille.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (statut cadre, ~25 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Environ 12 ans d'études après le bac, sans raccourci possible.
1) Accès : après un bac général (spécialités physique-chimie, SVT et maths complémentaires fortement conseillées), inscription sur Parcoursup en PASS (parcours d'accès spécifique santé) ou en L.AS (licence avec option accès santé). La sélection en fin de 1re année est très exigeante.
2) 2e et 3e années : sciences médicales fondamentales (anatomie, physiologie, biologie) et premiers stages hospitaliers → DFGSM, niveau licence.
3) 4e à 6e années : externat, formation clinique complète → DFASM (niveau master), puis les EDN (épreuves dématérialisées nationales, ex-ECN) qui déterminent le choix de la spécialité. La neurochirurgie compte très peu de postes ouverts chaque année : il faut un excellent classement.
4) Internat — DES de neurochirurgie, 6 ans, organisé en trois phases : phase socle (1 an), phase d'approfondissement (3 ans, avec possibilité de DU/DIU et de master 2 recherche), phase de consolidation (2 ans en tant que « docteur junior », en autonomie supervisée). L'internat se déroule par semestres de 6 mois débutant en novembre et en mai.
5) Thèse d'exercice → diplôme d'État de docteur en médecine, mention neurochirurgie, puis inscription au tableau de l'Ordre des médecins.
Ensuite : clinicat/assistanat (2 à 4 ans) et souvent un fellowship à l'étranger pour se surspécialiser. Une quinzaine de facultés françaises seulement forment des internes de neurochirurgie.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
La journée d'un neurochirurgien alterne entre trois lieux : le bloc opératoire, les consultations et le service d'hospitalisation. Au bloc, il retire des tumeurs cérébrales, traite des anévrismes, stabilise des fractures de la colonne vertébrale, pose des électrodes de stimulation cérébrale profonde chez des patients atteints de Parkinson ou opère des hernies discales qui paralysent. Ces gestes se font le plus souvent sous microscope opératoire, avec des systèmes de neuronavigation qui guident l'instrument en 3D à partir des images du patient — l'équivalent d'un GPS dans le cerveau.
Hors du bloc, il passe beaucoup de temps à décider s'il faut opérer. Il analyse les IRM et scanners, discute les dossiers en réunion de concertation pluridisciplinaire avec des neurologues, radiologues et oncologues, puis explique au patient et à sa famille les bénéfices et les risques d'une intervention. Il assure aussi les visites post-opératoires, le suivi en consultation, et — en CHU — l'encadrement des internes et la recherche clinique.
Le métier s'exerce presque exclusivement à l'hôpital : les CHU concentrent l'essentiel de l'activité, complétés par quelques cliniques privées et des centres de lutte contre le cancer. Impossible de travailler à distance, sauf pour la lecture de dossiers ou les réunions.
Les horaires sont irréguliers : journées longues, gardes et astreintes, urgences neurochirurgicales qui tombent la nuit ou le week-end (traumatisme crânien, hémorragie méningée). Les interventions durent souvent de trois à dix heures, debout, dans une posture figée et sous forte concentration — l'endurance physique et nerveuse fait partie du métier. La pression est réelle : une erreur de quelques millimètres peut avoir des conséquences définitives sur la parole, la vue ou la motricité du patient. En contrepartie, l'équipe est soudée (anesthésiste, IBODE, manipulateur radio, internes) et les progrès techniques sont rapides.
Après le DES, la plupart des jeunes neurochirurgiens passent par un clinicat ou un assistanat, puis se surspécialisent : neuro-oncologie, chirurgie du rachis, neurochirurgie pédiatrique, neurochirurgie fonctionnelle (Parkinson, épilepsie, douleur), neurochirurgie vasculaire, chirurgie de la base du crâne. Beaucoup complètent leur formation par un fellowship à l'étranger.
Les évolutions classiques : praticien hospitalier titulaire, puis chef de service ou chef de pôle ; carrière hospitalo-universitaire (MCU-PH puis PU-PH) avec enseignement et recherche, souvent après un master 2 et une thèse de sciences ; installation en clinique privée, où les revenus sont nettement plus élevés. D'autres bifurquent vers la recherche en neurosciences, l'innovation médicale (robotique chirurgicale, dispositifs implantables), l'expertise judiciaire ou la direction d'établissement.
La France compte environ 650 neurochirurgiens en exercice (chiffres 2024) — c'est l'une des spécialités chirurgicales les plus rares. Le nombre d'internes en formation a fortement augmenté (autour d'une centaine aujourd'hui contre 45 en 2005), mais la demande progresse aussi : vieillissement de la population, chirurgie du rachis, neuro-oncologie, prise en charge des AVC et des traumatismes. Plusieurs régions peu denses peinent à recruter des neurochirurgiens hospitaliers, et des postes de praticien hospitalier restent vacants. Conséquence : une fois le DES obtenu, on ne cherche pas un emploi longtemps. Le vrai goulot d'étranglement n'est pas l'embauche mais l'accès à la spécialité, avec très peu de postes ouverts au choix après les EDN.