En début de carrière, un métreur est généralement embauché entre 2 000 et 2 300 € brut par mois (grille ETAM du bâtiment, niveau C ou D), soit environ 1 600 à 1 800 € net. Après quelques années, un métreur confirmé se situe autour de 2 800 € brut (≈ 2 160 € net), et un profil expérimenté (8 ans et plus) atteint 3 400 à 4 100 € brut. Les diplômés de BTS/BUT qui évoluent vers l'économie de la construction dépassent souvent 3 100 € brut. S'ajoutent fréquemment des primes de panier (environ 9 €/jour), des indemnités de déplacement, parfois une prime sur les affaires gagnées et un véhicule de service. Les écarts sont importants selon la région (Île-de-France mieux payée) et la taille de l'entreprise.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Deux grandes voies mènent au métier. La voie scolaire : bac pro Technicien d'études du bâtiment option A « Études et économie » (souvent en apprentissage), puis idéalement un BTS Management économique de la construction (BTS MEC, qui a remplacé le BTS Études et économie de la construction depuis 2023) — c'est le diplôme de référence des employeurs. Le bac STI2D spécialité Architecture et construction est aussi une bonne rampe de lancement vers le BTS. Après le BTS, on peut poursuivre en licence professionnelle « Métiers du BTP » ou en BUT Génie civil - construction durable pour viser des postes d'économiste de la construction.
La voie de la formation professionnelle et de la reconversion : les titres professionnels de l'AFPA, très reconnus dans le secteur — TP Métreur assistant du bâtiment (niveau CAP, accessible sans diplôme préalable) et TP Technicien métreur du bâtiment (niveau bac, incluant le métré sur maquette BIM). Ils se préparent en quelques mois, en formation continue ou en alternance, et permettent une insertion rapide.
Beaucoup d'entreprises recrutent aussi des jeunes issus des filières techniques (charpente, électricité, plomberie) et les forment au métré en interne : la connaissance concrète du chantier est un vrai atout.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Le métreur (ou métreuse) est la personne qui traduit un projet de construction en chiffres. Concrètement, sa journée commence souvent devant un dossier : plans papier, fichiers DAO ou maquette numérique BIM. Il « décortique » l'ouvrage lot par lot — gros œuvre, charpente, électricité, plomberie, peinture — et calcule les quantités exactes de matériaux : combien de m³ de béton, de m² de cloison, de mètres linéaires de câble.
Ensuite vient l'étude de prix. Le métreur estime le temps de main-d'œuvre nécessaire, consulte les fournisseurs et les sous-traitants pour obtenir des tarifs à jour, puis assemble le tout dans un devis détaillé ou une réponse à un appel d'offres. Il utilise pour cela des logiciels spécialisés (Attic+, DeviSOC, Batiprix, Multi Devis) et beaucoup de tableur. Il participe aussi à la rédaction des pièces écrites du marché, comme le CCTP.
Enfin, il sort du bureau : visites de site pour prendre les relevés d'un bâtiment existant (très fréquent en rénovation), points d'avancement sur le chantier, vérification des situations de travaux et chiffrage des modifications demandées en cours de route. C'est un métier où l'on jongle en permanence entre la précision du calcul et la réalité du terrain.
Le métreur travaille en entreprise du BTP (gros œuvre ou second œuvre), en bureau d'études, en cabinet d'économie de la construction, chez un architecte ou un maître d'œuvre. Le rythme est plutôt classique — horaires de bureau, 35 à 39 h — mais les périodes de remise d'appels d'offres provoquent des pics d'activité avec des dates limites strictes : là, il faut savoir tenir le délai.
Le quotidien se partage entre le bureau (l'essentiel du temps) et le chantier, avec des déplacements locaux fréquents, parfois régionaux. Le permis B est donc quasiment incontournable. Sur site, le port des EPI (casque, chaussures de sécurité, gilet) est obligatoire. Le télétravail partiel est possible dans beaucoup d'entreprises, mais un télétravail complet reste rare : les relevés et les visites imposent d'être présent.
Le métreur peut se spécialiser par lot (électricité, génie climatique, métallerie, façade) ou par domaine (rénovation énergétique, patrimoine, travaux publics), ce qui le rend rapidement très recherché. Avec de l'expérience et souvent un complément de formation, il évolue vers économiste de la construction, chargé d'affaires, responsable du bureau d'études, conducteur de travaux ou responsable de la cellule appels d'offres.
D'autres passerelles existent vers le métier de dessinateur-projeteur, de BIM manager (la maquette numérique prend une place croissante dans le métré), d'expert en évaluation immobilière, ou vers la création de son propre cabinet d'économie de la construction. C'est aussi un métier accessible en reconversion pour des professionnels venus du chantier qui souhaitent passer côté bureau.
Le métré est un poste structurellement recherché dans le BTP : même quand les volumes d'embauche du secteur ralentissent, les entreprises peinent à trouver des profils « études » immédiatement opérationnels. Environ deux tiers des recrutements de la construction sont jugés difficiles par les employeurs. Deux dynamiques renforcent la demande : la rénovation énergétique du bâti existant (qui exige beaucoup de relevés et de chiffrages) et la généralisation du BIM, qui crée un besoin de métreurs à l'aise avec la maquette numérique. Le métier reste toutefois sensible à la conjoncture de la construction neuve : en période de ralentissement, les recrutements se concentrent sur la rénovation et les marchés publics. Les débouchés sont répartis sur tout le territoire, avec une forte demande en Île-de-France et dans les grandes métropoles.