La grille de la convention collective des mareyeurs-expéditeurs (IDCC 1589, brochure 3256) fixe au 1er janvier 2026 des minima allant d'environ 1 831 € à 3 434 € bruts mensuels selon le coefficient. Un débutant démarre autour du SMIC ou légèrement au-dessus (1 700 à 2 000 € bruts), avec des primes de froid et des majorations d'heures matinales/nuit qui améliorent nettement la fiche de paie. Dans les grands pôles de mareyage (Boulogne-sur-Mer, Lorient, Rungis), les salaires réels dépassent souvent les minima conventionnels du fait de la tension au recrutement. Un mareyeur confirmé responsable des achats se situe entre 2 500 et 3 500 € bruts ; un chef d'entreprise de mareyage dépend directement des résultats de sa société.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Le mareyage recrute du CAP au bac+5, mais la voie la plus directe reste le CAP Mareyage (2 ans après la 3e, en lycée professionnel maritime ou en apprentissage), qui forme précisément à l'achat, à la transformation et à l'expédition des produits de la mer. Le CAP Poissonnier écailler est une alternative très proche, davantage orientée vente et préparation. Pour les adultes et les salariés déjà en poste, la branche a créé le CQP Employé polyvalent des produits de la mer (3 blocs de compétences : approvisionnement, valorisation, préparation de commandes), accessible en formation continue, en contrat de professionnalisation ou par VAE.
Les centres de formation agréés par la branche sont le lycée professionnel maritime et aquacole de La Rochelle, celui de Cherbourg, le Centre Européen de Formation Continue Maritime de Concarneau, le Centre de Formation des Produits de la Mer et de la Terre de Boulogne-sur-Mer et le CFA de la Ville de Lorient.
Pour viser les fonctions d'acheteur en criée, de responsable d'exploitation ou de commercial, un niveau bac+2 est apprécié : BTS technico-commercial (produits alimentaires), BTS gestion des transports et logistique associée, ou licence professionnelle commerce international / management des filières agroalimentaires. Le bac pro Poissonnier écailler traiteur est une bonne marche intermédiaire. À retenir : dans ce secteur, l'expérience acquise sur le quai et en atelier pèse souvent plus lourd que le diplôme seul.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
La journée du mareyeur commence quand la plupart des gens dorment encore : entre 3 h et 5 h du matin, direction la criée du port. Là, il inspecte les arrivages débarqués par les bateaux — volume, fraîcheur, calibre, espèces — puis enchérit sur les lots dont il a besoin. C'est le rôle de « premier acheteur » : en quelques minutes, il doit évaluer la qualité d'un lot et décider d'un prix, en fonction des commandes déjà reçues et de ce qu'il pense pouvoir revendre dans la journée.
Le poisson part ensuite à l'atelier de marée. On trie les lots, on affine les calibres, on prépare les produits selon la demande : poissons entiers, vidés, étêtés, filetés, coquillages et crustacés conditionnés. Le mareyeur (ou son équipe) emballe sous glace ou sous atmosphère protectrice, étiquette pour garantir la traçabilité — d'où vient ce poisson, quel bateau, quelle zone de pêche — et organise l'expédition. Tout doit partir dans la journée : le frais n'attend pas. En parallèle, il gère la relation client, négocie les prix de vente, suit les marges et surveille en permanence la chaîne du froid.
C'est un métier physique et matinal. On travaille debout, dans des ateliers réfrigérés entre 0 et 4 °C, en tenue de protection (bottes, tablier, gants), avec de la manutention et des gestes répétitifs. Les horaires sont décalés et rythmés par la mer : les débarquements, les marées, la météo et les saisons de pêche dictent le tempo. Une tempête, et il n'y a pas de poisson ; un gros arrivage, et il faut tout traiter dans la journée. Le télétravail n'existe pas ici — le métier se vit sur le quai et dans l'atelier, avec une part de bureau pour les achats, la facturation et la logistique.
En France, la filière compte environ 490 entreprises (majoritairement des TPE) et 11 200 salariés, concentrés dans les grands pôles portuaires : Boulogne-sur-Mer, Lorient, Concarneau, La Rochelle, Sète, ainsi qu'à Rungis. Beaucoup d'entreprises sont familiales, ce qui laisse de la place à ceux qui veulent apprendre sur le tas.
On entre rarement dans le métier par le sommet. Le parcours classique commence comme employé ou ouvrier de marée (tri, filetage, conditionnement), puis on devient agréeur ou préparateur, avant de passer adjoint-mareyeur puis mareyeur, c'est-à-dire responsable des achats en criée. Selon les goûts, on peut aussi se spécialiser : responsable qualité et traçabilité, responsable d'atelier, acheteur international, responsable logistique et expédition, ou commercial grands comptes.
À terme, beaucoup de mareyeurs reprennent ou créent leur propre entreprise de mareyage — c'est un secteur où l'expérience terrain vaut souvent plus que le diplôme. Les passerelles vers la poissonnerie artisanale, la responsabilité d'un rayon marée en grande distribution, l'industrie de transformation des produits de la mer ou l'import-export alimentaire sont naturelles.
La filière recrute plus qu'elle ne trouve. Selon l'Union du Mareyage Français, environ 2 000 des 11 200 salariés du secteur partiront à la retraite dans les sept prochaines années, soit un besoin de 250 à 300 embauches par an. Le turnover est également important. Le principal frein n'est pas l'emploi mais la méconnaissance du métier et son image (horaires matinaux, froid, travail physique), ce qui joue en faveur des jeunes qui s'y intéressent : les entreprises forment volontiers en interne, en apprentissage ou en contrat de professionnalisation, et embauchent souvent à l'issue. Les bassins les plus actifs sont Boulogne-sur-Mer, Lorient, Concarneau, La Rochelle, Sète et Rungis.