Dans la fonction publique territoriale, la grille indiciaire d'égoutier démarre autour de 1 800 € brut par mois et atteint environ 1 900 € brut en fin de grille (11 échelons, ~19 ans). Mais le salaire réel est nettement plus élevé grâce aux primes de pénibilité, d'insalubrité, d'astreinte et de nuit : la Ville de Paris annonce environ 2 067 € brut mensuels en début de carrière, primes comprises. Dans le privé (entreprises d'assainissement, travaux publics), un débutant se situe entre 1 600 et 2 000 € brut, un profil confirmé entre 2 000 et 2 650 € brut, davantage avec le permis poids lourd ou un poste de chef d'équipe. La pénibilité ouvre aussi droit à un départ à la retraite anticipé selon les statuts.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Aucun diplôme n'est strictement obligatoire : de nombreux employeurs, dont la Ville de Paris, recrutent des égoutiers sans condition de diplôme, sur des critères d'aptitude physique et médicale (descente dans le réseau), puis forment en interne. La voie la plus directe reste toutefois un CAP technique : CAP agent de la qualité de l'eau, CAP constructeur de réseaux de canalisations de travaux publics, ou le titre professionnel Canalisateur (accessible aussi en reconversion et par VAE). Un bac pro du domaine (maintenance environnementale et propreté des espaces urbains, travaux publics) facilite l'accès aux postes d'encadrement, et un BTS métiers de l'eau permet de basculer vers des fonctions de technicien. Attention : l'ancien CAP « Agent d'assainissement et de collecte des déchets liquides spéciaux » a été supprimé (dernières sessions 2024-2025). Dans la fonction publique territoriale, l'accès se fait par concours ou recrutement direct sur le grade d'égoutier (Ville de Paris) ou d'adjoint technique.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Chaque journée commence en surface, en équipe : briefing, préparation du matériel, balisage de la zone d'intervention et contrôle de l'atmosphère avant toute descente. Une fois dans le réseau, l'égoutier cure les canalisations (à la pelle, au râteau, ou avec un camion hydrocureur qui envoie de l'eau sous très haute pression), retire les bouchons de graisse, de lingettes et de déchets, et évacue les sables et boues accumulés. Il inspecte les ouvrages — parfois avec une caméra téléguidée — pour repérer fissures, affaissements et infiltrations, et signale ce qui doit être réparé. Il réalise aussi de la petite maçonnerie, remplace des tampons de regard, entretient les vannes et les déversoirs, et pose des pièges à rats. En cas d'orage violent, d'inondation ou de pollution accidentelle, il intervient en urgence, parfois la nuit ou le week-end.
C'est un métier exigeant, physiquement et mentalement. On travaille en espace confiné, dans l'obscurité, l'humidité et les odeurs, avec des risques réels : manque d'oxygène, gaz toxiques (H₂S), gaz explosifs, chutes, noyade en cas de crue soudaine, infections. Pour cette raison, on ne descend jamais seul : les interventions se font en équipe, avec détecteur de gaz, harnais, masque d'évacuation et procédures très strictes. Le temps passé sous terre est encadré (souvent 3 à 5 heures par jour maximum), le reste de la journée se passe en surface, à l'atelier ou en véhicule. Le travail se fait par tous les temps, avec des horaires variables et des astreintes. En contrepartie, la pénibilité est reconnue : à la Ville de Paris par exemple, les égoutiers relèvent d'un régime spécifique avec départ anticipé à la retraite.
On entre souvent dans le métier sans diplôme spécifique, formé sur le terrain, puis on monte en compétences avec les habilitations (CATEC, CACES, permis poids lourd). Après quelques années, on peut devenir chef d'équipe puis chef égoutier ou responsable d'atelier / de secteur. En reprenant une formation (CAP agent de la qualité de l'eau, bac pro, BTS métiers de l'eau), on peut évoluer vers des postes de technicien d'exploitation des réseaux, de technicien qualité de l'eau, d'agent de station d'épuration ou de responsable de réseau d'assainissement. Les compétences acquises (canalisations, hydraulique, sécurité en espace confiné) ouvrent aussi vers les travaux publics, le métier de canalisateur ou la plomberie.
Les besoins sont constants et peu concurrentiels : chaque commune ou intercommunalité doit entretenir son réseau d'assainissement, et le vieillissement des canalisations françaises impose des programmes de rénovation lourds pour les années à venir. Le métier souffre d'un déficit d'image qui rend les recrutements difficiles pour les employeurs — c'est justement une bonne nouvelle pour les candidats. La Ville de Paris organise régulièrement des campagnes de recrutement sans condition de diplôme (30 postes en 2025) pour entretenir ses 2 600 km de galeries avec environ 270 égoutiers. Les autres débouchés se trouvent dans les grandes agglomérations, les syndicats d'assainissement, et les entreprises privées d'assainissement et de travaux publics.