Un courtier débutant salarié dans un cabinet de courtage démarre autour de 2 000 à 2 500 € brut par mois. Avec de l'expérience et un portefeuille bien installé, la rémunération monte à 40 000-50 000 € brut par an, soit environ 3 300 à 4 200 € brut mensuels, et peut aller bien au-delà pour les courtiers installés sur les grandes appellations. La particularité du métier : le revenu vient du « courtage », un pourcentage du montant des transactions dont le taux est fixé par les syndicats professionnels (2 % à Bordeaux, par exemple), versé le plus souvent par l'acheteur. Les revenus sont donc directement liés au volume d'affaires conclu et varient selon les millésimes et la santé du marché.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Aucun diplôme unique n'est imposé, mais il faut prouver une qualification dans la filière viti-vinicole : diplôme du secteur, stage ou expérience professionnelle de six mois minimum. La voie la plus directe est le BTSA technico-commercial option vins, bières et spiritueux (bac+2), très reconnu par les professionnels, souvent préparé en alternance (CAFA à Bordeaux, CFA Edgard Pisani, campus agricoles viticoles). Le BTSA viticulture-œnologie est une bonne alternative pour ceux qui veulent d'abord maîtriser la technique. En amont, le bac pro conduite et gestion de l'entreprise vitivinicole ou un bac général/STAV donnent accès à ces BTSA. Beaucoup poursuivent ensuite en licence professionnelle commerce et commercialisation des vins (bac+3), voire en master ou diplôme national d'œnologue (bac+5) pour viser l'international ou l'expertise. Dans tous les cas, l'accès effectif à la profession passe par l'examen de la CCI puis l'inscription au Registre national des courtiers en vins et spiritueux (déclaration + frais d'environ 300 €).
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Le courtier en vins passe l'essentiel de son temps sur la route, entre les domaines et les maisons de négoce. Il visite les vignerons, déguste les cuves et les échantillons, prend des notes précises sur la qualité, le volume disponible, le millésime et le potentiel de garde de chaque lot. À partir de ces dégustations, il constitue un « catalogue » de vins qu'il propose ensuite aux négociants, caves coopératives, distributeurs ou restaurateurs dont il connaît les besoins.
Son cœur de métier, c'est la mise en relation et la négociation : il rapproche une offre et une demande, discute le prix au tonneau ou à l'hectolitre, fixe les conditions (volumes, délais, transport) et rédige le bordereau de vente qui scelle l'accord. Ensuite, il suit la transaction jusqu'au bout : conformité de la livraison, documents de traçabilité, respect de la réglementation. Il consacre aussi beaucoup de temps à la veille — cours du marché, récoltes, tendances de consommation — et à l'entretien de son réseau lors des salons, foires et dégustations professionnelles.
C'est un métier de proximité, ancré dans les grandes régions viticoles : Bordelais, Bourgogne, Champagne, Val de Loire, Vallée du Rhône, Languedoc. On y est très mobile — le permis B et la voiture sont des outils de travail quotidiens — et les journées se partagent entre chais, caves, vignes et bureaux de négociants. Le rythme est fortement saisonnier : intense au moment des vendanges, des primeurs et des campagnes de commercialisation, plus calme le reste de l'année. Une partie administrative (bordereaux, suivi, prospection) peut se faire à distance, mais le terrain reste incontournable.
La profession est réglementée par la loi du 31 décembre 1949 et le décret n° 2020-1253 du 13 octobre 2020 : il faut justifier d'un diplôme de la filière viti-vinicole, d'un stage ou d'une expérience de six mois minimum, réussir un examen organisé par une chambre de commerce et d'industrie (exposé oral + entretien), puis s'inscrire au Registre national des courtiers en vins et spiritueux géré par CCI France. Le statut impose une stricte neutralité : le courtier ne peut ni acheter ni vendre du vin pour son propre compte, ni être négociant, ni œnologue — c'est ce qui fonde sa crédibilité auprès des deux parties.
On commence souvent comme collaborateur dans un cabinet de courtage ou aux côtés d'un courtier confirmé, le temps de se constituer un carnet d'adresses et une réputation — c'est le vrai capital du métier. On peut ensuite s'installer à son compte, créer sa propre société de courtage, se spécialiser sur un segment (grands crus, vins bio, spiritueux, vins en vrac) ou sur une zone géographique. Les passerelles sont nombreuses vers le négoce, le commerce international des vins et spiritueux, la direction commerciale d'un domaine ou d'une maison, l'expertise et le conseil, voire le courtage de propriétés viticoles.
Le courtage en vins est un métier de niche : quelques centaines de professionnels en France, concentrés dans les grandes régions viticoles, et un renouvellement qui se fait surtout par transmission de portefeuille ou par cooptation au sein des cabinets existants. Les recrutements directs sont donc rares et il faut souvent se faire une place en commençant comme technico-commercial ou assistant courtier. La filière vigne et vin dans son ensemble recrute en revanche activement (plus de 10 000 offres par an sur les plateformes spécialisées comme Vitijob), ce qui offre de bonnes portes d'entrée. Le métier reste sensible à la conjoncture du marché du vin — baisse de la consommation en France, aléas climatiques sur les récoltes, tensions à l'export — mais l'intermédiation reste structurellement indispensable entre une multitude de petits producteurs et les maisons de négoce.