Un conducteur salarié débutant démarre autour du SMIC : la grille de la convention collective nationale des taxis situe les premiers échelons entre environ 1 800 et 1 900 € brut par mois pour 35 heures, souvent complétés par un pourcentage sur la recette et par les pourboires. Le salaire moyen d'un chauffeur salarié tourne autour de 1 800 € net (environ 2 350 € brut). Les revenus dépendent fortement du statut : l'artisan taxi, qui encaisse ses recettes mais paie son véhicule, ses charges et l'amortissement de sa licence, peut atteindre l'équivalent de 3 000 € brut mensuels et davantage sur des zones très demandées ; le locataire, lui, reverse une redevance fixe qui pèse sur sa marge. La zone géographique (Paris, aéroports, grandes villes vs zones rurales), le volume de transport conventionné et l'amplitude horaire font des écarts importants d'un professionnel à l'autre.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Aucun diplôme scolaire n'est exigé, mais une habilitation est obligatoire : le certificat de capacité professionnelle de conducteur de taxi (CCPCT), enregistré au Répertoire spécifique sous le code RS5635. Conditions pour s'y présenter : être titulaire du permis B hors période probatoire (soit environ 3 ans, ou 2 ans en conduite accompagnée), avoir un casier judiciaire compatible avec la profession, être déclaré apte lors d'une visite médicale auprès d'un médecin agréé et détenir le PSC1 (prévention et secours civiques niveau 1) de moins de 2 ans.
L'examen est organisé par les chambres de métiers et de l'artisanat (inscription via examentaxivtc.fr). Il comporte des épreuves théoriques d'admissibilité (réglementation T3P, gestion, sécurité routière, français, anglais, connaissance du territoire et réglementation locale) puis une épreuve pratique de conduite d'au moins 20 minutes, avec prise en charge d'un client, itinéraire et facturation. On peut le préparer en candidat libre, mais la plupart passent par un centre agréé : environ 2 mois de formation (souvent autour de 280 heures), finançable par le CPF ou France Travail.
Après réussite, la préfecture délivre la carte professionnelle de conducteur de taxi. Une formation continue obligatoire est ensuite à suivre tous les 5 ans. Pour ceux qui veulent passer par la voie scolaire, un CAP du transport de voyageurs ou un BTS Gestion des transports et logistique associée constituent des passerelles utiles, notamment pour évoluer ensuite vers la gestion d'une entreprise de taxis.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Au quotidien, le conducteur de taxi enchaîne les courses : il prend en charge des clients à une borne, à la gare, à l'aéroport, devant un hôpital ou après une réservation par téléphone ou application. Avant chaque service, il vérifie son véhicule (pneus, niveaux, propreté, taximètre, lumineux) car la voiture est son outil de travail. Pendant la course, il choisit l'itinéraire le plus rapide en fonction du trafic, des travaux et de l'heure, aide au chargement des bagages, installe les personnes âgées ou à mobilité réduite, et engage souvent la conversation ou donne des informations pratiques et touristiques.
À l'arrivée, il applique le tarif réglementé affiché au taximètre, encaisse (espèces, carte, bon de transport, feuille de soins pour les taxis conventionnés) et délivre une note. Une part importante du métier est aussi invisible : la stratégie de placement. Se poster au bon endroit et au bon moment — sortie de gare le matin, quartier des restaurants le soir, aéroport le dimanche — fait toute la différence sur la recette de la journée. Beaucoup de conducteurs sont à leur compte : ils gèrent alors aussi leur comptabilité, leurs charges, leur licence (ADS) et leur clientèle fidélisée.
Le bureau, c'est le véhicule. Les horaires sont très variables : tôt le matin, tard le soir, la nuit, les week-ends et les jours fériés, avec des amplitudes qui peuvent être longues. Le métier suppose de rester assis plusieurs heures d'affilée, de supporter les embouteillages, le bruit et le stress de la circulation, tout en gardant son calme face à des clients pressés, fatigués ou parfois désagréables. En contrepartie : une grande autonomie, personne au-dessus de l'épaule, et un rythme qu'on organise en partie soi-même.
Trois statuts cohabitent dans la profession : les artisans, qui possèdent leur véhicule et leur autorisation de stationnement (la « licence »), les locataires, qui louent leur taxi à une entreprise, et les conducteurs salariés d'une société de taxis. Une part croissante de l'activité vient du transport conventionné : le transport de patients assis vers l'hôpital ou le centre de dialyse, sur prescription médicale et remboursé par l'Assurance Maladie, qui offre une clientèle régulière et prévisible.
Un conducteur salarié ou locataire peut viser le statut d'artisan en achetant ou en obtenant une autorisation de stationnement, puis développer sa propre entreprise, acheter plusieurs véhicules et employer des chauffeurs. On peut aussi se spécialiser : transport de malades assis conventionné, transport d'enfants ou de personnes handicapées, transport scolaire, livraison de plis et de médicaments, ou monter en gamme vers la grande remise et le VTC haut de gamme (chauffeur de direction, clientèle d'affaires, prestations touristiques avec langues étrangères).
Les compétences acquises ouvrent aussi la porte à d'autres métiers de la conduite (ambulancier après le DEA, conducteur de bus ou d'autocar, conducteur-livreur), ou à des fonctions de gestion et d'exploitation dans une centrale de réservation ou une entreprise de transport, éventuellement après un BTS en gestion des transports.
Le secteur du transport connaît une pénurie durable de conducteurs et le taxi n'y échappe pas : les offres sont nombreuses et l'accès à l'emploi est quasi immédiat une fois la carte professionnelle obtenue, ce qui rend ce métier attractif pour une reconversion ou une entrée rapide dans la vie active. Le vieillissement de la population et le développement du transport de patients assis conventionné par l'Assurance Maladie soutiennent une demande stable et récurrente, notamment hors des grandes métropoles. En contrepartie, la concurrence des VTC et des plateformes reste forte dans les grandes villes et pèse sur les recettes, et l'accès au statut d'artisan suppose d'obtenir ou d'acheter une autorisation de stationnement, dont le prix et le délai d'attente varient énormément selon les communes.