En début de carrière (souvent après 2 à 4 ans comme ingénieur ou technicien d'ingénierie), la rémunération se situe autour de 3 000 à 3 500 € brut par mois, soit environ 36 000 à 42 000 € brut par an. Un profil confirmé avec 5 à 10 ans d'expérience se situe plutôt entre 4 000 et 5 000 € brut mensuels, et les postes de directeur de projets ou de programme chez un opérateur ou un grand équipementier dépassent 6 000 € brut par mois. S'ajoutent fréquemment une part variable liée à la tenue des jalons du projet, des primes de déplacement, un véhicule de fonction sur les postes très terrain, et l'intéressement. Les rémunérations sont sensiblement plus élevées en Île-de-France et chez les équipementiers internationaux que dans les entreprises de travaux en région.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Le socle le plus répandu reste le niveau bac+5 : diplôme d'ingénieur en télécommunications, réseaux ou informatique (Télécom SudParis, Télécom Paris, IMT Atlantique, ESIEE, ENSEIRB-MATMECA, INSA…) ou master mention Réseaux et télécommunication. Ces cursus sont accessibles après un bac général à dominante scientifique (spécialités maths, NSI, physique-chimie), via une prépa, une admission post-bac en cycle intégré, ou une passerelle après un BUT.
Une entrée à bac+3 est possible et fréquente dans les entreprises de déploiement : le BUT Réseaux et télécommunications, en particulier le parcours PilPro (pilotage de projets de réseaux), prépare explicitement à la coordination de projets réseaux. Dans ce cas, on démarre généralement comme technicien d'ingénierie ou coordinateur de déploiement, et on accède au poste de chef de projet après 3 à 5 ans d'expérience. Beaucoup de recruteurs affichent d'ailleurs « bac+3 minimum ou expérience équivalente ».
L'alternance est une voie royale sur ce métier : la plupart des écoles d'ingénieurs télécoms et des BUT R&T proposent un cursus en apprentissage, très apprécié des opérateurs et des entreprises d'infrastructures. En reconversion ou en évolution interne, des masters spécialisés (Mastère Spécialisé Réseaux et Services de Télécom SudParis, masters du Cnam) permettent aussi d'accéder au poste.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Le chef de projet réseau fixe et mobile commence par comprendre un besoin : un opérateur veut couvrir une nouvelle zone en 5G, une collectivité veut raccorder 20 000 foyers à la fibre, une entreprise veut relier ses sites entre eux et vers le cloud. Il traduit ce besoin en solution technique — quelle architecture, quels équipements, quels débits, quel niveau de sécurité — puis chiffre le projet et bâtit un planning.
Au quotidien, la journée alterne entre réunions de pilotage, arbitrages techniques et suivi de terrain. Il rédige des cahiers des charges, sélectionne et pilote des sous-traitants (bureaux d'études, entreprises de génie civil, installateurs), suit les indicateurs de délai et de budget, et fait remonter les points de blocage. Il passe beaucoup de temps sur des outils de gestion de projet (MS Project, Jira, tableaux de bord) et sur des schémas d'architecture. Quand un site pose problème — une autorisation qui traîne, un local technique inaccessible, une panne à la mise en service — c'est lui qui trouve une solution et qui l'explique au client.
Le métier s'exerce principalement depuis un bureau, chez un opérateur (Orange, SFR, Bouygues, Free), un équipementier (Nokia, Ericsson, Huawei), une entreprise de travaux et d'ingénierie télécom (Circet, Sogetrel, Scopelec…), une ESN ou une collectivité gérant un réseau d'initiative publique. Mais on ne reste jamais uniquement derrière un écran : visites de sites, points de chantier, réunions chez le client et recettes techniques imposent des déplacements réguliers, souvent en région.
Les horaires sont globalement des horaires de bureau, mais ils deviennent variables lors des phases sensibles : une bascule de réseau ou une mise en service se fait souvent la nuit ou le week-end pour ne pas couper le service aux abonnés. Le télétravail partiel est courant sur les phases d'étude et de pilotage, beaucoup moins pendant les phases de déploiement. L'effort physique reste faible, mais la charge mentale peut être forte : on est responsable des délais et du budget, avec des interlocuteurs qui attendent des résultats.
On arrive rarement à ce poste directement : le parcours classique passe par quelques années comme ingénieur réseau, ingénieur d'études télécom, technicien d'ingénierie ou consultant, avant de prendre la responsabilité de projets. Ensuite, plusieurs directions s'ouvrent : se spécialiser (radio mobile, transport optique, data center, réseaux industriels et IoT, cybersécurité des réseaux), grandir en périmètre pour devenir directeur de programme ou responsable de déploiement régional, ou basculer vers l'architecture réseau et le conseil.
À plus long terme, les passerelles existent vers la direction technique, la direction des systèmes d'information, le pilotage d'infrastructures cloud, ou l'indépendance en tant que consultant freelance — un statut fréquent sur les grands programmes de déploiement, qui recourent beaucoup à la prestation.
Le marché est porté par deux chantiers de long terme : la généralisation de la fibre optique (plan France Très Haut Débit, raccordements et fermeture progressive du réseau cuivre) et la densification de la 5G, auxquelles s'ajoutent la croissance des data centers, des réseaux privés d'entreprise et des objets connectés. Les plateformes d'emploi affichent en permanence plusieurs centaines d'offres de chef de projet télécom ou réseaux en France, chez les opérateurs, les équipementiers, les entreprises d'infrastructures et les ESN. Les profils qui combinent solide bagage technique et vraie capacité de pilotage sont rares et donc recherchés. Attention toutefois : le secteur est cyclique et dépendant des programmes de déploiement publics et privés — certaines entreprises de travaux ont connu de fortes turbulences après les pics de déploiement fibre. La mobilité géographique et la polyvalence (fixe + mobile, ou réseaux + cloud + cybersécurité) sont les meilleures protections.