Un premier poste en édition musicale démarre souvent autour de 1 900 à 2 200 € brut par mois (environ 23 000 à 27 000 € brut annuels), parfois proche du Smic dans les petites structures indépendantes. Les postes de gestion des droits en société de gestion collective ou dans une major sont mieux positionnés : les offres publiées par la Sacem pour des fonctions proches (gestionnaire répertoire, chargé d'affaires) affichent 30 000 à 35 000 € brut annuels. Un responsable tracking expérimenté, encadrant une équipe dans une major ou un gros distributeur digital, peut atteindre 3 500 à 4 000 € brut mensuels. S'y ajoutent fréquemment tickets restaurant, primes et intéressement dans les grands groupes. Fourchettes indicatives : il n'existe pas de grille officielle publiée pour ce métier de niche.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Il n'existe pas de diplôme dédié au tracking : on y accède par une formation en gestion, économie ou droit, complétée par une bonne connaissance du secteur musical. Les offres d'emploi et d'alternance (Universal Music Publishing, Warner Chappell, Believe, Sony Music Publishing…) demandent généralement un BUT ou une licence en économie-gestion, en administration ou en droit, souvent poursuivi jusqu'au bac+5. Deux profils cohabitent : les « gestionnaires » (gestion, comptabilité, contrôle) et les « musicologues » issus d'un master Administration et gestion de la musique (Sorbonne Université, Université Jean Monnet Saint-Étienne, Université Évry Paris-Saclay). Un master en droit de la propriété intellectuelle constitue une troisième voie. L'alternance est la porte d'entrée la plus fréquente : la plupart des professionnels en poste ont commencé par un contrat d'apprentissage dans un service publishing ou royalties. Des formations courtes très reconnues (CNM, Les Escales Buissonnières, CIFAP, Le PAM) permettent de se mettre à niveau sur le droit d'auteur et l'édition musicale.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Le chargé de tracking vérificateur travaille au sein d'une maison d'édition musicale, d'un label, d'un distributeur digital ou d'une société de gestion de droits. Sa mission : s'assurer que chaque utilisation d'une œuvre musicale (diffusion radio ou TV, synchronisation dans une pub ou un film, concert, stream) est bien identifiée, déclarée et rémunérée.
Concrètement, il passe ses journées à croiser des données. Il exploite les relevés issus des logiciels de « pige » — ces outils qui reconnaissent automatiquement les titres diffusés à l'antenne — puis les compare aux feuillets de répartition de la Sacem. Il constitue la documentation des exploitations (fiches techniques d'œuvres audiovisuelles ou publicitaires), vérifie et corrige les relevés de musique transmis par les producteurs, et transmet les corrections aux sociétés de gestion collective. Il recense aussi les tournées, en France comme à l'étranger, pour vérifier que la société de gestion du pays concerné a bien collecté les droits.
Une grande partie du travail consiste à repérer les anomalies : un écart entre ce qui a été diffusé et ce qui a été payé, une faute de frappe dans le nom d'un auteur, un titre mal orthographié, un ISWC manquant… Autant de petites erreurs qui peuvent faire perdre plusieurs milliers d'euros à un artiste. Le chargé de tracking anticipe ces erreurs, monte des réclamations et suit leur traitement jusqu'au versement.
C'est un métier de bureau, largement sédentaire, exercé en équipe restreinte au sein d'un service « droits d'auteur », « royalties » ou « publishing administration ». Les horaires sont classiques (journée standard), avec des pics d'activité au rythme des campagnes de répartition des sociétés de gestion collective — quatre fois par an environ à la Sacem — et lors des clôtures de comptes.
Excel (ou un équivalent) est l'outil du quotidien, avec des bases de données parfois très volumineuses : recherches croisées, tableaux croisés dynamiques, rapprochements de fichiers de plusieurs dizaines de milliers de lignes. Le télétravail partiel est courant, puisque l'essentiel du travail se fait sur des fichiers et des plateformes en ligne. L'anglais est très utile dès qu'il s'agit de dialoguer avec les sociétés de gestion étrangères (PRS, GEMA, ASCAP, BMI…) ou de traiter des répertoires internationaux.
Les postes sont majoritairement concentrés en Île-de-France, où se trouvent les grandes maisons d'édition et de production. On y entre très souvent par l'alternance ou un stage long.
Après quelques années, le chargé de tracking peut devenir responsable tracking ou responsable royalties, encadrer une équipe et piloter les relations avec les sociétés de gestion collective. Le métier étant de plus en plus « data », les profils à l'aise avec les outils d'analyse évoluent aussi vers des fonctions de data analyst dans l'industrie musicale, où il s'agit d'exploiter les données de streaming pour la stratégie éditoriale ou marketing.
D'autres passerelles existent vers l'administration de catalogue, le copyright management, la synchronisation (placement des œuvres dans les films, séries, jeux vidéo, publicités), le juridique de la propriété intellectuelle, ou encore des postes en société de gestion collective (Sacem, SDRM, SCPP, Adami). C'est aussi une excellente porte d'entrée pour comprendre l'économie de la musique de l'intérieur avant de rejoindre un poste d'éditeur ou de label manager.
Le métier reste confidentiel en nombre de postes : quelques centaines de professionnels en France, essentiellement à Paris, dans les majors de l'édition (Universal Music Publishing, Warner Chappell, Sony Music Publishing), chez les distributeurs digitaux (Believe, Wagram), dans les éditeurs indépendants et les sociétés de gestion collective. La demande est toutefois soutenue par l'explosion du streaming et du nombre d'œuvres déclarées : plus il y a de diffusions à tracer, plus les erreurs de répartition se multiplient, et plus les catalogues ont besoin de vérificateurs. La montée en puissance des outils de reconnaissance automatique et de la data transforme le poste, qui se rapproche progressivement du profil data analyst. Le recrutement passe massivement par l'alternance et le réseau : les candidatures spontanées et les stages restent la voie d'entrée principale, dans un secteur où la concurrence est forte à l'embauche.