Il n'existe ni grille salariale ni convention collective à l'Assemblée nationale : chaque parlementaire fixe la rémunération de ses collaborateurs dans la limite de son crédit mensuel (environ 11 100 € pour l'ensemble de l'équipe, soit jusqu'à cinq personnes). Un débutant démarre en général entre 2 200 et 2 700 € brut par mois. Le salaire brut moyen se situe autour de 3 000 € (environ 2 200 € net médian), et les 10 % les mieux rémunérés dépassent 4 600 € brut. Les collaborateurs basés à Paris sont mieux payés qu'en circonscription (environ 23 €/h brut contre 20 €/h). Un 13e mois est prévu par accord collectif à l'Assemblée nationale.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Aucun diplôme n'est officiellement exigé : chaque parlementaire recrute librement. Dans les faits, le niveau attendu se situe entre bac+3 et bac+5, et la très grande majorité des collaborateurs sont diplômés d'un Institut d'études politiques (Sciences Po Paris ou IEP de région) ou d'une faculté de droit / science politique. Les parcours types : licence de droit ou de science politique, puis master en science politique, droit public, politiques publiques, administration publique, affaires publiques ou communication politique. Des masters spécialisés existent, comme le parcours « Travail politique et parlementaire » de l'université Paris Nanterre, la plus ancienne formation universitaire dédiée aux métiers du politique. Des profils atypiques (ingénieur, économiste, journaliste, historien) sont aussi recrutés, notamment pour leur expertise sur un domaine. Point crucial : le réseau et l'engagement (militantisme, stage en cabinet, service civique auprès d'un élu, assistance de campagne) pèsent souvent autant que le diplôme dans le recrutement.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Au quotidien, l'attaché parlementaire jongle entre trois casquettes. La casquette législative d'abord : il lit et analyse les projets et propositions de loi, rédige des notes de synthèse, prépare des amendements, écrit les discours et les questions au gouvernement de son élu. La casquette politique ensuite : il assure une veille permanente sur l'actualité, prépare les positions à défendre en commission ou en séance, entretient les relations avec les élus locaux, les associations et les institutions. La casquette organisationnelle enfin : agenda, déplacements, courriers et mails des citoyens, réunions publiques, permanence, relations avec la presse.
Concrètement, une journée peut commencer par une revue de presse à 7 h, se poursuivre par la rédaction d'une note de trois pages sur un texte budgétaire, puis par la réponse à quinze courriers d'habitants et se terminer par une réunion publique le soir. Il existe deux profils : les collaborateurs à l'Assemblée ou au Sénat (à Paris), plutôt tournés vers le travail législatif, et les collaborateurs en circonscription, plus proches du terrain et des habitants. Chaque parlementaire recrute lui-même son équipe, en général 2 à 5 personnes.
On travaille en bureau (au Palais Bourbon, au Palais du Luxembourg ou dans la permanence de l'élu), avec de nombreux déplacements sur le terrain. Les horaires sont variables et souvent longs : les périodes d'examen des textes, de budget ou de campagne électorale imposent des soirées et parfois des week-ends. Le télétravail est possible partiellement, mais la présence auprès de l'élu reste la règle.
Le statut est particulier : l'attaché parlementaire est un salarié de droit privé, employé directement par le député ou le sénateur (et non par l'Assemblée ou le Sénat), rémunéré sur le crédit collaborateurs de l'élu. Il n'existe ni convention collective à l'Assemblée ni grille de salaire nationale. Conséquence directe : le contrat prend fin avec le mandat. La dissolution de juin 2024 avait ainsi entraîné le licenciement de près de 2 000 collaborateurs en quelques jours. Discrétion, loyauté et confidentialité sont des exigences absolues du poste.
Il n'y a pas de « carrière » linéaire dans ce métier : on progresse plutôt en gagnant en responsabilités (chef de cabinet du parlementaire, collaborateur de groupe parlementaire, conseiller au sein d'un cabinet ministériel). Beaucoup rebondissent ensuite vers les affaires publiques et le lobbying (entreprises, fédérations professionnelles, ONG), la communication politique et institutionnelle, le conseil, la direction de cabinet d'une collectivité, ou les concours de la fonction publique. Certains se présentent eux-mêmes à des élections. Le carnet d'adresses et la connaissance fine des institutions constituent le vrai capital transférable de ce métier.
Le marché est très étroit : environ 2 000 collaborateurs auprès des députés et un peu plus d'un millier au Sénat et dans les groupes parlementaires, pour un nombre de candidats bien supérieur (les IEP et facultés de droit forment chaque année beaucoup plus de profils qu'il n'y a de postes). Le recrutement passe rarement par une annonce classique : il se fait par cooptation, réseau militant, stage ou participation à une campagne électorale. À cela s'ajoute une forte précarité structurelle : même en CDI (cas de 90 % des collaborateurs), l'emploi est adossé au mandat de l'élu. La dissolution de l'Assemblée nationale en juin 2024 a ainsi provoqué le licenciement quasi simultané de près de 2 000 collaborateurs. En contrepartie, l'expérience acquise ouvre de vraies portes vers les affaires publiques, la communication et le conseil.