Attention : dans ce métier, on est payé à la semaine de tournage, pas au mois. Les conventions collectives fixent des minima autour de 860 € bruts/semaine pour un premier assistant en production télévisuelle et environ 1 620 € bruts/semaine en production cinéma ; l'ONISEP situe un premier poste de premier assistant autour de 1 500 € par semaine. Un débutant (stagiaire, 3e ou 2e assistant) tourne plutôt autour de 1 800 à 2 200 € bruts mensuels équivalents, un assistant confirmé entre 2 500 et 3 000 €, et un premier assistant expérimenté sur un long métrage peut dépasser 4 500 € pendant les périodes de tournage. Mais le revenu annuel réel dépend surtout du nombre de semaines travaillées : entre deux projets, c'est l'assurance chômage des intermittents du spectacle qui prend le relais (507 heures sur 12 mois à réunir). La précarité et les écarts de rémunération d'un projet à l'autre sont la règle du secteur.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Aucun diplôme n'est légalement obligatoire, mais la voie la plus courante passe par une école. Après le bac (idéalement un bac général, un bac STD2A ou un bac pro audiovisuel), deux grandes routes existent.
La voie publique et sélective : le BTS Métiers de l'audiovisuel option gestion de production (bac+2) est le socle le plus direct, car on y apprend justement à monter des plans de travail et à gérer la logistique d'un tournage. Il peut être suivi d'une licence pro techniques du son et de l'image. Les concours de la Fémis (devenue Ensmis) ou de l'École nationale supérieure Louis-Lumière se passent à bac+2 : très sélectifs, ils mènent à un diplôme de niveau master.
La voie des écoles privées spécialisées : EICAR (Bachelor Assistant réalisateur, titre RNCP niveau 6), CLCF, 3iS, ESRA, CIFACOM proposent des cursus de 2 à 5 ans, souvent coûteux mais très orientés pratique et réseau.
Dans tous les cas, l'expérience prime : les stages sur des courts métrages, l'assistanat bénévole sur des tournages étudiants et le bouche-à-oreille sont ce qui permet réellement d'entrer dans le circuit et de gravir les échelons (stagiaire → 3e → 2e → 1er assistant).
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Avant même que la première caméra tourne, l'assistant réalisateur passe des semaines sur le scénario : c'est le dépouillement. Scène par scène, il liste tout ce qu'il faudra réunir — comédiens, décors, accessoires, figurants, effets spéciaux, animaux, cascades. À partir de là, il construit le plan de travail : quelle scène tourne quel jour, à quelle heure, avec qui, dans quel décor. Chaque soir, il diffuse la feuille de service, le programme détaillé du lendemain que toute l'équipe attend.
Pendant le tournage, il devient le patron du plateau. Il annonce les mises en place, appelle les comédiens, lance les répétitions, surveille la montre, dirige la figuration et fait le lien permanent entre le réalisateur (concentré sur l'artistique), la production (qui tient le budget) et les équipes techniques (image, son, décors, régie, costumes, maquillage). Quand il pleut alors qu'une scène en extérieur était prévue, quand un comédien est en retard ou qu'une prise se répète vingt fois, c'est lui qui recompose la journée en direct.
Le métier se pratique presque toujours en intermittence du spectacle : on est engagé pour un film, une série, un téléfilm ou une pub, pour quelques jours à plusieurs mois, puis on cherche le projet suivant. Les journées de tournage sont longues (souvent 10 à 12 heures), debout, avec des horaires qui changent sans arrêt : très tôt le matin, tard le soir, parfois de nuit, en studio comme en extérieur, en France ou à l'étranger. La phase de préparation, elle, se passe surtout en bureau de production, entre repérages et réunions.
Ce n'est pas un métier de télétravail : la présence sur le plateau est la raison d'être du poste. Il faut de l'endurance physique, une bonne dose de sang-froid et savoir se faire entendre par une cinquantaine de personnes sans se fâcher avec elles. L'essentiel de l'activité est concentré en Île-de-France, avec des pôles régionaux dynamiques (Nouvelle-Aquitaine, Occitanie, Hauts-de-France, PACA).
La progression suit une échelle claire, apprise sur le terrain : stagiaire mise en scène, puis troisième assistant (ou assistant adjoint), deuxième assistant — qui affine le dépouillement et rédige les feuilles de service — et enfin premier assistant réalisateur, le poste à responsabilité. Il faut compter plusieurs années et beaucoup de projets pour gravir chaque échelon, le réseau comptant autant que le diplôme.
Ensuite, plusieurs portes s'ouvrent : passer à la réalisation (beaucoup de réalisateurs sont d'anciens premiers assistants), basculer vers la production (directeur de production, chargé de production), se spécialiser dans la publicité ou les séries à gros volume, ou encore devenir directeur de casting ou régisseur général. Les compétences d'organisation acquises sont aussi très recherchées en événementiel et en production de contenus.
La France reste le premier pays européen en volume de production (cinéma, fictions TV, séries de plateformes, publicité), ce qui génère un besoin constant d'assistants réalisateurs. Mais l'accès au métier est très concurrentiel : les postes ne passent presque jamais par des annonces classiques, ils circulent par le réseau, de tournage en tournage. Après plusieurs années fastes portées par les plateformes de streaming, le secteur a connu un ralentissement des mises en production en 2024-2025, ce qui rend l'entrée plus difficile pour les débutants et allonge les périodes creuses. L'emploi est très concentré en Île-de-France, avec des pôles régionaux actifs (Nouvelle-Aquitaine, Occitanie, Hauts-de-France, PACA) soutenus par les fonds régionaux de soutien au cinéma. Le conseil constant des professionnels : commencer par les courts métrages, les clips et les tournages étudiants pour se faire un carnet d'adresses.