Le salaire est fixé par la commune employeuse. En début de carrière, un ASVP démarre autour du SMIC ou légèrement au-dessus, soit environ 1 750 à 1 850 € brut par mois (≈ 1 450 à 1 500 € net). Avec l'ancienneté et le régime indemnitaire (RIFSEEP, primes de dimanche, d'astreinte, indemnité de chaussures et petit équipement), la rémunération peut atteindre 2 000 à 2 200 € brut mensuels. Les grandes villes et les communes touristiques versent généralement des primes plus élevées. Le passage en police municipale s'accompagne d'une revalorisation nette (indemnité spéciale de fonction).
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Aucun diplôme n'est légalement exigé pour être recruté comme ASVP : l'accès se fait sur dossier et entretien directement auprès des mairies, EPCI ou communautés d'agglomération, sans concours, à partir de 18 ans. Dans les faits, un niveau CAP/BEP ou un bac est apprécié, et la maîtrise de l'écrit (rédaction de rapports) ainsi que l'aisance informatique sont vérifiées en entretien.
Trois portes d'entrée typiques : 1. Voie contractuelle — candidature spontanée auprès de la commune, souvent en emploi saisonnier l'été puis en CDD. La collectivité assure elle-même la formation les premières semaines (réglementation du stationnement, PVe, posture professionnelle). 2. Voie statutaire — réussite d'un concours de catégorie C de la fonction publique territoriale (adjoint technique ou adjoint administratif territorial), organisé par les centres de gestion (CDG) ; le concours de 1ʳᵉ classe est accessible avec un CAP/BEP. 3. Voie « formation sécurité » — bac pro Métiers de la sécurité, CAP agent de sécurité, CAP agent de prévention et de médiation ou CQP APS, qui ne sont pas obligatoires mais renforcent nettement une candidature.
Dans tous les cas, la prise de fonction est conditionnée à l'habilitation du maire, à l'agrément du procureur de la République et à l'assermentation devant le tribunal judiciaire. Le CNFPT propose ensuite des modules de formation continue (itinéraire « agent de police municipale et de surveillance des voies publiques »).
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
L'agent de surveillance de la voie publique (ASVP) est un agent communal placé sous l'autorité du maire. Sa journée se passe essentiellement en patrouille, à pied, à vélo ou en scooter, dans les rues de la commune. Sa mission principale : faire respecter les règles d'arrêt et de stationnement. Il contrôle les zones payantes et les zones bleues, relève les véhicules en stationnement gênant ou abusif, vérifie l'affichage du certificat d'assurance et rédige les avis de contravention — le plus souvent sur un terminal électronique (PVe). Quand un véhicule bloque la circulation ou un passage piéton, il peut demander sa mise en fourrière.
Mais l'ASVP ne fait pas que verbaliser. Chaque matin et chaque soir, on le retrouve devant les écoles pour sécuriser la traversée des enfants. Il surveille les marchés, les parcs, les manifestations et les événements communaux, renseigne les habitants perdus, signale les dépôts sauvages, les tags ou les nids-de-poule aux services techniques. Selon les arrêtés du maire, il peut aussi constater certaines infractions au règlement sanitaire (déjections canines, dépôts d'ordures), les bruits de voisinage ou les infractions à l'affichage publicitaire. En fin de service, il rédige ses rapports et saisit ses constatations dans le logiciel de la commune.
C'est un métier de plein air : l'ASVP travaille dehors par tous les temps, debout et en marche une grande partie de la journée. Les horaires suivent le plus souvent ceux du stationnement payant (journée, du lundi au samedi), mais les soirées, week-ends et jours fériés sont fréquents dès qu'il y a une manifestation, un marché ou un renfort estival dans les communes touristiques. Le travail se fait généralement en binôme ou en équipe, avec un retour régulier au poste pour la rédaction administrative.
Attention : l'ASVP n'est pas un policier municipal. Il porte un uniforme distinct (la couleur « bleu gitane » lui est interdite), n'est pas armé, ne conduit pas de véhicule de police et n'a pas le pouvoir de régler la circulation. Ses prérogatives sont strictement encadrées : pour verbaliser seul sur la voie publique, il doit être habilité par le maire, agréé par le procureur de la République et assermenté devant le tribunal judiciaire — ce qui suppose un casier judiciaire compatible. En contrepartie, il est considéré comme dépositaire de l'autorité publique : l'outrage ou la rébellion à son encontre sont sévèrement sanctionnés. Le principal risque du métier reste l'incivilité : il faut savoir encaisser les réactions parfois vives des automobilistes verbalisés, et rester exposé au risque routier.
Beaucoup d'ASVP entrent dans la fonction publique territoriale par un contrat (CDD saisonnier, puis CDD renouvelé), puis se titularisent en passant le concours d'adjoint technique ou d'adjoint administratif territorial. L'évolution la plus recherchée reste le passage en police municipale : depuis 2017, un concours interne de gardien-brigadier est réservé aux ASVP justifiant d'au moins deux ans d'ancienneté (dans la limite de 30 % des postes ouverts). Le lauréat suit alors une formation initiale de 6 mois au CNFPT, puis une année de stage.
D'autres voies existent : chef d'équipe ASVP ou responsable du service stationnement dans les grandes villes, opérateur de vidéoprotection (CSU), agent de médiation ou de prévention, garde champêtre en zone rurale. Une expérience d'ASVP est également un bon tremplin vers les concours de la police nationale, de la gendarmerie adjointe ou de l'administration pénitentiaire.
On compte aujourd'hui plus de 15 000 ASVP dans les communes françaises, un effectif en progression régulière : la demande des maires en matière de tranquillité publique et de gestion du stationnement ne faiblit pas. Les offres sont nombreuses et réparties sur tout le territoire, avec des pics de recrutement au printemps pour les renforts saisonniers d'été (stations balnéaires, communes touristiques, festivals). Le métier est accessible sans diplôme, ce qui en fait une vraie porte d'entrée dans la fonction publique territoriale pour les jeunes. Point de vigilance : une part importante des postes reste précaire au départ (CDD, temps partiel, saisonnier) avant une éventuelle titularisation, et certaines communes ont délégué la surveillance du stationnement payant à des prestataires privés depuis la réforme du forfait post-stationnement (FPS) de 2018.