Dans les ports relevant de la convention collective nationale des personnels des ports de plaisance (IDCC 1182), le salaire minimum se calcule en multipliant un coefficient par la valeur du point, portée à 11,88 € au 1er mai 2025. Un agent d'accueil saisonnier (coefficient 155-160) démarre autour de 1 840 à 1 900 € brut par mois, un agent technique ou administratif (coefficient 170) autour de 2 020 € brut. Avec l'expérience et une spécialisation, un agent confirmé se situe entre 2 200 et 2 600 € brut. Les postes d'encadrement montent nettement plus haut : de 2 673 € brut pour un maître de port jusqu'à environ 5 050 € brut pour un directeur de port. S'ajoutent selon les ports des primes d'astreinte, de week-end, et parfois un logement de fonction.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Il n'existe pas de diplôme initial unique pour ce métier : on y entre souvent par une saison, avec un profil « marin » ou « accueil », puis on se professionnalise en interne. La voie la plus reconnue dans la branche est le CQP agent de port (filière technique ou administrative), délivré par la CPNE des ports de plaisance, préparé en 6 à 12 mois en contrat de professionnalisation ou en formation continue. Côté formation initiale, un CAP maritime (matelot), un CAP maintenance nautique, un bac pro Conduite et gestion des entreprises maritimes (option yacht ou voile), un bac pro Métiers de l'accueil ou un BPJEPS activités nautiques constituent de bons tremplins. Pour viser les postes d'encadrement (maître de port, directeur de port), la référence est la licence professionnelle Métiers de la mer — parcours Nautisme et gestion portuaire de l'Université Bretagne Sud (Lorient), complétée par le DU Gestionnaire de ports de plaisance (formation continue, 6 semaines sur 6 mois) ou les formations développées en Occitanie avec l'Université de Perpignan.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
La journée démarre souvent par une ronde sur les pontons : vérifier les amarres, repérer un bateau mal attaché, contrôler les bornes d'eau et d'électricité, signaler une anomalie sur une passerelle ou un catway. Ensuite, place à l'accueil : à la capitainerie, par téléphone ou à la VHF, l'agent renseigne les plaisanciers, attribue les places (à l'année ou « de passage »), enregistre les réservations dans le logiciel de gestion portuaire, encaisse les redevances et édite les factures.
Une bonne partie du métier se passe aussi sur l'eau : partir en semi-rigide guider un voilier qui entre dans le port, prendre une amarre, aider à la manœuvre par vent fort. S'y ajoutent la gestion du « plan d'eau » (savoir en temps réel quelles places sont libres), la surveillance générale du site, l'application du règlement intérieur, la collecte des déchets et des huiles usagées, la surveillance de la station d'avitaillement en carburant, et de petits travaux de maintenance (nettoyage, plomberie simple, remplacement d'une borne, entretien du matériel de sécurité).
On exerce dans un port de plaisance maritime, mais aussi lacustre ou fluvial — la France en compte environ 470. L'employeur peut être une régie municipale, une société d'économie mixte, une chambre de commerce ou un exploitant privé : selon les cas, on est salarié de droit privé (convention collective des ports de plaisance, IDCC 1182), contractuel ou fonctionnaire territorial.
Le rythme est très saisonnier : calme l'hiver (entretien, travaux, dragage), très intense de juin à septembre. Horaires variables, travail le week-end et les jours fériés, astreintes de nuit en cas de coup de vent. On travaille dehors par tous les temps, avec des gestes physiques (port de charges, manipulation d'amarres, montée à bord), mais rien d'extrême. L'anglais est un vrai plus dans les ports fréquentés par une clientèle étrangère. Beaucoup commencent par un contrat saisonnier avant de décrocher un poste à l'année.
Le parcours classique passe par une spécialisation : agent technique (maintenance, plan d'eau, manutention et levage), agent administratif (facturation, contrats), ou agent chargé de l'environnement (démarche Ports Propres, gestion des déchets). En passant un CQP de la branche puis en accumulant de l'expérience, on devient maître de port adjoint, puis maître de port — le responsable du plan d'eau et de la clientèle — et enfin directeur de port pour les profils formés (licence pro, DU gestionnaire de ports de plaisance).
D'autres passerelles existent vers l'ensemble de la filière nautique : chantier naval et maintenance de bateaux, location et gestion de flotte, base nautique, société de manutention portuaire, ou encore ports de commerce et transport fluvial.
La France compte environ 470 ports de plaisance, ce qui représente un vivier d'emplois réel mais limité : les postes permanents sont peu nombreux et très demandés. En revanche, les recrutements saisonniers (avril-septembre) sont réguliers et souvent difficiles à pourvoir, comme dans l'ensemble des métiers saisonniers du littoral — l'enquête Besoins en main-d'œuvre de France Travail classe année après année ces emplois parmi les plus tendus à cause des contrats courts et des horaires contraignants. C'est donc une filière où l'on entre par la saison : une ou deux saisons réussies suffisent souvent à décrocher un CDI. La branche investit aussi dans la montée en compétences (CQP, formations FFPP) parce qu'elle peine à recruter des agents qualifiés et des maîtres de port. Les enjeux environnementaux (démarche Ports Propres, gestion des déchets, transition énergétique des flottes) créent en plus de nouveaux profils.