La rémunération de l'accueillant familial thérapeutique n'a rien d'un salaire classique : elle se calcule par jour et par personne accueillie. La loi fixe un plancher de 2,5 fois le SMIC horaire par jour et par personne (article L.443-10 du CASF), auquel s'ajoutent une indemnité d'entretien (frais courants : nourriture, électricité, produits d'hygiène), un loyer pour la pièce mise à disposition, une éventuelle indemnité de sujétions particulières selon le degré de dépendance, et des majorations pour les dimanches et jours fériés. Une indemnité différentielle garantit au moins l'équivalent du SMIC mensuel pour un accueil à temps complet. En pratique, un accueillant employé à temps plein par un hôpital psychiatrique et accueillant deux personnes perçoit couramment entre 1 800 et 2 600 € par mois, indemnités de frais comprises ; certaines offres hospitalières affichent autour de 2 500 € nets mensuels pour un accueil 24h/24. Les congés payés représentent 10 % du salaire brut annuel.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Aucun diplôme n'est légalement exigé pour devenir accueillant familial thérapeutique : c'est l'agrément, délivré après enquête sociale et psychologique, qui conditionne l'accès au métier. En revanche, la formation est obligatoire : au minimum 54 heures de formation initiale (dont 12 heures avant le premier accueil) organisées par le conseil départemental ou l'établissement employeur, plus au moins 12 heures de formation continue par période d'agrément, et une initiation aux gestes de premiers secours. Les établissements de santé mentale recrutent souvent des personnes ayant une expérience du soin, du handicap ou de l'accompagnement, mais aussi des profils issus d'autres horizons dont la stabilité personnelle et familiale est le premier atout. Pour les moins de 25 ans qui veulent se préparer sérieusement, les voies les plus utiles sont le DEAES (diplôme d'État d'accompagnant éducatif et social, accessible sans le bac), le bac pro ASSP ou le bac pro SAPAT. Une fois en poste, la VAE permet de transformer l'expérience d'accueil en diplôme reconnu. À noter : le métier étant très exigeant en maturité et en stabilité du cadre de vie, les recrutements concernent rarement des candidats très jeunes.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
L'accueillant familial thérapeutique héberge chez lui, à temps plein ou de façon séquentielle, une ou deux personnes adultes (trois au maximum, sur dérogation) souffrant de troubles psychiques stabilisés ou en situation de handicap. Au jour le jour, cela veut dire partager les repas, veiller à la prise des traitements prescrits, accompagner la personne dans les gestes de la vie courante (hygiène, habillage, courses, démarches), et surtout lui offrir une présence stable et bienveillante.
Mais l'accueil est dit « thérapeutique » parce qu'il s'inscrit dans un projet de soin. L'accueillant observe les signes du quotidien — sommeil, appétit, humeur, retrait, agitation — et transmet ses observations à l'équipe médico-psychologique de l'établissement de santé mentale qui l'emploie. Il participe aux réunions de synthèse, encourage la personne à sortir, à reprendre des activités sociales, culturelles ou sportives, et travaille avec elle sur son autonomie. Une part de gestion administrative complète le tout (contrat d'accueil, suivi des dépenses, comptes rendus).
Le lieu de travail, c'est le domicile de l'accueillant : maison ou appartement, avec obligatoirement une chambre individuelle d'au moins 9 m² pour chaque personne accueillie. Le métier suppose donc l'accord de toute la famille, car la personne accueillie partage la vie du foyer. Les horaires ne ressemblent à rien de classique : c'est une présence quasi permanente, avec des week-ends et jours fériés travaillés (majorés), des périodes de répit organisées, et une astreinte téléphonique de l'équipe soignante en cas de difficulté.
Pour exercer, il faut être agréé — par le président du conseil départemental et/ou par le directeur de l'établissement de santé qui recrute. L'agrément est délivré après visite du logement, examen du casier judiciaire, certificat médical et une enquête sociale et psychologique menée pendant plusieurs mois auprès de la famille. Aucun diplôme n'est exigé, mais une formation initiale d'au moins 54 heures (dont 12 heures avant le premier accueil) et une formation continue sont obligatoires. En accueil familial thérapeutique, l'accueillant est salarié : agent non titulaire de la fonction publique hospitalière s'il travaille pour un hôpital public, salarié de droit privé sinon.
Avec l'expérience, on peut augmenter sa capacité d'accueil, se spécialiser (accueil de personnes âgées, de personnes handicapées vieillissantes, accueil séquentiel ou de répit), ou devenir référent et tuteur auprès de nouveaux accueillants. Beaucoup d'accueillants passent aussi par la validation des acquis de l'expérience (VAE) pour décrocher un diplôme du secteur social — le DE d'accompagnant éducatif et social (DEAES) en premier lieu — et rejoindre un poste en établissement, un service d'aide à domicile, ou poursuivre vers le DE de moniteur-éducateur, voire d'éducateur spécialisé. Certains basculent vers l'accueil familial « social » agréé par le département, où l'on travaille à son compte avec un contrat de gré à gré avec la personne accueillie.
Les services d'accueil familial thérapeutique (SAFT) rattachés aux hôpitaux psychiatriques et aux établissements publics de santé mentale peinent à recruter : les offres sont permanentes dans de nombreux départements (Allier, Cher, Haute-Garonne, Marne, Mayenne...), et la France compte environ 9 000 accueillants familiaux agréés pour un besoin croissant. Le vieillissement de la population, la désinstitutionnalisation de la psychiatrie et la recherche d'alternatives à l'hospitalisation longue soutiennent la demande. Le frein principal n'est pas le manque de postes mais l'exigence du dispositif : logement adapté, adhésion de toute la famille, agrément long à obtenir. Les recrutements se font au fil de l'eau, en lien direct avec les établissements de santé mentale, et le rythme d'accueil peut être temporaire, séquentiel ou permanent.