Un trésorier junior sortant d'un bac+5 démarre autour de 32 000 à 38 000 € brut par an, soit environ 2 700 à 3 200 € brut par mois. L'Apec indique que 80 % des offres de trésorier d'entreprise se situent entre 32 k€ et 55 k€ brut annuels, avec une moyenne autour de 42 k€. Après 5 à 10 ans, un responsable de trésorerie se situe entre 55 k€ et 80 k€ ; un directeur de trésorerie groupe dans une multinationale peut dépasser 100 k€, soit plus de 8 000 € brut mensuels. S'y ajoutent souvent une part variable (5 à 20 %), une participation/intéressement et, dans les grands groupes, des avantages type actionnariat salarié. Les écarts sont surtout liés à la taille de l'entreprise, à sa dimension internationale et au secteur (banque et grande industrie payant mieux que l'associatif ou le secteur public).
Estimation du net avant impôt sur le revenu (statut cadre, ~25 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Le métier est très majoritairement accessible à bac+5. Les voies les plus directes : un master universitaire mention finance (idéalement un parcours spécialisé trésorerie / cash management, comme le Master Finance – Trésorerie d'Entreprise de Paris 1 Panthéon-Sorbonne, en apprentissage), un diplôme de grande école de commerce avec majeure finance, ou le DSCG (diplôme supérieur de comptabilité et de gestion, grade master) pour ceux qui viennent de la filière comptable.
Le chemin par la filière expertise comptable fonctionne très bien : bac général (spécialités maths + SES recommandées) ou bac STMG → BUT GEA parcours gestion comptable, fiscale et financière, BTS comptabilité et gestion ou DCG (bac+3) → DSCG ou master finance. Les titulaires d'un BUT GEA entrent directement en 2ᵉ année de DCG avec des dispenses d'épreuves.
L'alternance est la voie royale : la plupart des masters trésorerie se font en apprentissage, et l'expérience acquise en direction financière est déterminante pour décrocher un premier poste. À bac+2/+3 seul, on vise plutôt un poste de gestionnaire ou d'assistant trésorerie, avec évolution possible ensuite. L'anglais courant est indispensable, et une expérience internationale (semestre d'échange, stage à l'étranger) est un vrai plus.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
La journée d'un trésorier commence presque toujours de la même façon : la « position de trésorerie ». Il récupère les relevés de tous les comptes bancaires de l'entreprise (parfois des dizaines, dans plusieurs pays et plusieurs devises), vérifie ce qui est arrivé la veille et décide quoi faire de l'argent disponible : le laisser, le placer, l'utiliser pour rembourser une ligne de crédit, ou le transférer d'une filiale à l'autre.
Ensuite vient le travail de prévision. À partir des données commerciales, comptables et des budgets, il construit des prévisions de trésorerie à une semaine, un mois, un an. Objectif : repérer à l'avance le moment où l'entreprise risque de manquer de liquidités — et déclencher une solution (crédit court terme, affacturage, relance des clients qui n'ont pas payé) avant que ça devienne un problème. Il gère aussi les risques financiers : si l'entreprise vend en dollars et achète en euros, une variation du taux de change peut coûter très cher ; le trésorier met en place des couvertures pour neutraliser ce risque.
Autre gros morceau : les relations bancaires. Le trésorier négocie les taux, les frais, les lignes de crédit avec les banques partenaires, sécurise les moyens de paiement (et lutte contre la fraude au virement, un sujet devenu majeur), et pilote les outils informatiques dédiés — les TMS, logiciels de trésorerie type Kyriba, Cegid Treasury ou Diapason.
C'est un métier de bureau, sédentaire, exercé au siège d'une entreprise (ETI, grand groupe, start-up en forte croissance), dans une banque, une compagnie d'assurance, une association ou une collectivité. Dans une PME, le trésorier fait souvent tout seul et porte aussi une casquette comptable ; dans un grand groupe international, il travaille dans une équipe trésorerie de plusieurs personnes, avec une spécialisation (cash management, financement, change, back-office).
Les horaires sont plutôt classiques, mais avec des pics intenses : clôtures mensuelles et annuelles, opérations de financement, acquisition d'une société, crise de liquidité. Le télétravail est courant (souvent 2 à 3 jours par semaine) car tout se fait sur des plateformes en ligne — mais la première heure de la journée, où l'on décide des mouvements de fonds, reste un rendez-vous non négociable. L'anglais est utilisé quotidiennement dès que l'entreprise a des activités à l'étranger, et des déplacements ponctuels sont possibles (rendez-vous bancaires, filiales).
On commence rarement trésorier tout de suite : le parcours typique passe par un poste d'analyste ou de gestionnaire de trésorerie junior, souvent décroché après une alternance. Après 3 à 5 ans, on devient trésorier confirmé, puis responsable de la trésorerie, puis directeur de la trésorerie groupe dans les grandes structures.
À partir de là, plusieurs portes s'ouvrent : la direction administrative et financière (DAF), le poste de risk manager, le contrôle de gestion, l'audit interne, ou un passage côté banque (financements structurés, salle des marchés). Certains rejoignent les éditeurs de logiciels de trésorerie ou les fintechs comme consultants, d'autres se mettent à leur compte en trésorier « à temps partagé » pour plusieurs PME. Les certificats professionnels de l'AFTE sont le moyen le plus reconnu de faire progresser son expertise en cours de carrière.
C'est un métier de niche, mais durablement recherché. Les entreprises ont pris conscience de l'importance du « cash » après les crises successives (Covid, inflation, hausse brutale des taux d'intérêt) : la trésorerie est devenue un sujet de direction générale, et les postes se sont multipliés y compris dans les ETI et les start-up en croissance, qui n'avaient historiquement pas de trésorier dédié. Les recruteurs (Apec, cabinets spécialisés type Robert Half, Walters People, Michael Page) signalent régulièrement une pénurie de profils expérimentés, ce qui tire les salaires vers le haut et facilite la mobilité. Les employeurs sont variés : grands groupes cotés, ETI, filiales de multinationales, banques et assurances, fonds d'investissement, mais aussi éditeurs de logiciels de trésorerie et fintechs (Agicap, Kyriba…), associations et collectivités. La digitalisation (automatisation des rapprochements, IA de prévision) ne supprime pas le métier mais déplace la valeur ajoutée vers l'analyse, la négociation bancaire et la gestion des risques. L'insertion des jeunes diplômés issus d'un master en apprentissage est très bonne, l'alternance débouchant fréquemment sur une embauche.