En début de carrière, le salaire tourne autour du SMIC à 2 100 € brut par mois selon le secteur : environ 1 500 à 1 900 € brut dans une collectivité ou un établissement scolaire, 1 800 à 2 100 € chez un prestataire technique ou un intégrateur. France Travail indique que 80 % des offres pour ce métier proposent entre 1 820 et 2 917 € brut mensuels. Avec quelques années d'expérience et une spécialisation (broadcast, audiovisuel sur IP, régie multicaméra), on atteint 2 400 à 3 200 € brut, et davantage sur des postes de chef d'équipe ou de responsable de parc. Dans le spectacle et l'événementiel, la rémunération se fait souvent au cachet ou à la journée, avec des majorations pour les nuits, dimanches et jours fériés : le revenu réel dépend alors beaucoup du volume de missions.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Le métier est accessible dès le bac professionnel (CIEL – Cybersécurité, informatique et réseaux, électronique, qui a remplacé le bac pro SN), mais la voie la plus courante et la plus recherchée par les employeurs est le BTS Métiers de l'audiovisuel option Techniques d'ingénierie et exploitation des équipements (TIEE), formation de référence pour ce poste. Le BTS CIEL option B (électronique et réseaux) est également une bonne porte d'entrée, surtout côté maintenance électronique et réseaux.
À bac+3, plusieurs licences professionnelles complètent bien le profil : « Techniques du son et de l'image », « Systèmes audiovisuels numériques » (proposée par l'université Gustave Eiffel en partenariat avec l'INA), ou une licence pro réseaux et télécommunications orientée audiovisuel. L'INA propose aussi un titre professionnel « Technicien d'exploitation des équipements audiovisuels » (RNCP niveau 5), très reconnu dans la profession.
L'alternance est fortement recommandée : elle permet d'entrer dans le réseau (prestataires, chaînes, intégrateurs) avant même le diplôme, ce qui compte beaucoup dans un secteur où l'on recrute souvent par recommandation. Les passerelles existent aussi depuis l'électronique, l'électrotechnique ou l'informatique/réseaux, avec une spécialisation audiovisuelle en formation continue.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
La journée commence souvent par une vérification : est-ce que tout le matériel fonctionne ? Le technicien contrôle les consoles de mixage, les caméras, les micros, les enceintes, les écrans, les vidéoprojecteurs et les serveurs de diffusion. Il installe et câble les équipements selon la configuration demandée (un studio d'enregistrement, une salle de spectacle, un amphi, une régie TV, une salle de réunion équipée en visioconférence), puis il les paramètre : niveaux audio, routage des signaux, réglages d'image, adressage réseau.
Quand une panne survient — un son qui grésille, une image qui décroche, un enregistrement qui ne se lance pas — c'est lui qu'on appelle. Il diagnostique : est-ce le câble, la carte électronique, le logiciel, le réseau ? Il répare sur place quand c'est possible, remplace la pièce ou renvoie le matériel au SAV. Il fait aussi de la maintenance préventive : nettoyage, mises à jour de firmware, tests réguliers, remplacement des consommables, tenue de l'inventaire du parc matériel. Selon les structures, il accompagne les utilisateurs (enseignants, journalistes, artistes, salariés) et leur explique comment se servir du matériel sans le casser.
Le métier se pratique dans des lieux très variés : studios de radio ou de télévision, salles de spectacle et de concert, entreprises de prestation technique (son, lumière, vidéo pour l'événementiel), universités et lycées, hôpitaux, collectivités, entreprises équipées en salles de visioconférence, sociétés d'intégration audiovisuelle. On alterne entre l'atelier (réparation au banc de test), la régie et le terrain (montage, démontage, tournée, événement).
Les horaires sont rarement de 9 h à 17 h : un spectacle se joue le soir, un montage se fait tôt le matin, un festival occupe le week-end. Le rythme est donc variable, avec des pics d'activité et des périodes plus calmes. Il faut porter du matériel (flight cases, enceintes, pieds), travailler debout, parfois en hauteur sur une nacelle ou une passerelle. Le télétravail est quasi impossible : on intervient sur des machines physiques. Côté contrats, on trouve du CDI (entreprises, collectivités, intégrateurs AV) mais aussi beaucoup de missions courtes et d'intermittence dans le spectacle et l'événementiel.
Avec l'expérience, on peut se spécialiser : audio (sonorisation, studio), vidéo (broadcast, régie multicaméra), ou de plus en plus réseaux et informatique (l'audiovisuel passe aujourd'hui par des protocoles IP comme Dante, NDI ou SMPTE 2110 — c'est la compétence qui fait la différence sur le marché). D'autres évolutions classiques : chef d'équipe technique, responsable du parc matériel, régisseur général, chargé d'affaires ou chef de projet en intégration audiovisuelle, ingénieur de la vision, formateur, technico-commercial chez un revendeur de matériel pro. Certains montent leur propre structure de prestation technique. Une reprise d'études (licence professionnelle, école d'ingénieurs par alternance) ouvre vers l'ingénierie audiovisuelle et la conception d'installations complètes.
Le secteur recrute régulièrement mais reste un marché de niche, très dépendant du dynamisme de la production audiovisuelle, du spectacle vivant et de l'événementiel. France Travail relève pour ce métier des difficultés de recrutement allant de faibles à élevées selon les régions, avec une vraie pénurie de profils maîtrisant à la fois l'audiovisuel et les réseaux informatiques (audio et vidéo sur IP). C'est aujourd'hui le levier d'employabilité numéro un. Attention à la nature des contrats : une très grande partie des offres publiées relèvent de missions courtes (CDD d'usage, intermittence) dans le spectacle et l'événementiel. Les CDI existent surtout ailleurs : entreprises d'intégration audiovisuelle, services techniques d'entreprises et de collectivités, universités, hôpitaux, chaînes de télévision et prestataires broadcast. La généralisation des salles de visioconférence, des amphis connectés et de la captation vidéo dans les entreprises fait mécaniquement progresser ces besoins « corporate », plus stables que les métiers de plateau.