Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Le métier est accessible sans diplôme : un niveau fin de 3e (ou le brevet) suffit dans la plupart des offres, la formation se faisant sur le terrain auprès de l'employeur ou de l'agence d'intérim (quelques jours à quelques semaines d'accompagnement en binôme). Le permis B est en revanche exigé quasi systématiquement.
Pour se démarquer et surtout pour évoluer, un CAP technique est un vrai plus : CAP agent de la qualité de l'eau (le plus proche du métier côté eau potable et assainissement), CAP électricien, CAP monteur en installations sanitaires (plomberie). Ces CAP se préparent en 2 ans après la 3e, en lycée professionnel ou en apprentissage.
Avec un bac pro (MELEC pour l'électricité, ou une spécialité génie climatique / énergies), on accède plus rapidement aux postes de technicien d'intervention, de contrôleur ou de chef d'équipe. Certains employeurs recrutent aussi via des titres professionnels ou des contrats en alternance dans les métiers de l'eau.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Chaque matin, tu reçois ta tournée : une liste d'adresses à visiter dans un secteur précis. Tu te déplaces à pied, à vélo ou en camionnette, tu localises le compteur (dans un regard au sol, une cave, un local technique, un compteur extérieur) et tu relèves l'index de consommation. Tu saisis le chiffre sur un terminal portable qui transmet les données au service de facturation : une erreur de saisie, et c'est une facture fausse pour l'abonné.
Mais le relevé n'est qu'une partie du travail. Tu contrôles l'état de l'installation avant et après le compteur, tu repères les anomalies (compteur cassé, plombage arraché, fuite, consommation anormale, soupçon de fraude) et tu les signales à ton responsable. Tu peux aussi poser ou remplacer des compteurs, ouvrir ou fermer un branchement lors d'un déménagement, et laisser un avis de passage quand personne n'est là. Comme tu es souvent le seul représentant de l'entreprise que les usagers rencontrent, tu réponds à leurs questions, tu expliques comment lire un compteur et tu donnes des conseils simples pour réduire la consommation.
C'est un métier d'extérieur et de mouvement : plusieurs kilomètres à pied par jour, des accroupissements pour ouvrir les regards, parfois des caves sombres ou des jardins gardés par un chien. Tu travailles sous la pluie comme sous le soleil, avec des horaires plutôt réguliers (journée) mais avec l'obligation de terminer ta tournée. Le permis B est indispensable dans la quasi-totalité des offres, car les secteurs sont étendus, notamment en zone rurale.
Tu es très autonome : une fois la tournée lancée, tu organises ton parcours comme tu veux, sans manager derrière toi. En contrepartie, il faut être rigoureux, ponctuel et à l'aise dans le contact avec des habitants qui ne t'attendent pas toujours de bonne humeur. Les employeurs sont les distributeurs d'eau (Veolia, Suez, Saur, régies municipales), les gestionnaires de réseaux d'énergie et leurs prestataires ; beaucoup de postes passent par l'intérim ou par des contrats saisonniers pendant les campagnes de relève.
Attention : le métier change vite. Les compteurs communicants (télérelève de l'eau, Linky, Gazpar) suppriment progressivement le passage physique, et le nombre de postes de pure relève diminue. La bonne nouvelle, c'est que ceux qui connaissent le terrain sont les premiers recrutés sur les nouveaux besoins : poseur de compteurs et de modules radio, agent de maintenance des réseaux d'eau potable, technicien d'intervention clientèle, agent de recherche de fuites, chargé de contrôle des installations.
Avec de l'expérience, tu peux devenir chef d'équipe ou responsable de tournées. En te formant en parallèle (CAP agent de la qualité de l'eau, CAP électricien, bac pro MELEC, titres professionnels du secteur, ou une formation en alternance financée par ton employeur), tu peux basculer vers un poste de technicien d'exploitation, de technicien réseaux ou de technico-commercial. Beaucoup voient ce métier comme un premier emploi qui ouvre la porte des services publics de l'eau et de l'énergie.
Le marché est réduit et en contraction : France Travail recensait environ 530 offres sur douze mois pour ce métier, dont une très large majorité en intérim (autour de 70 %), le reste en CDD et une minorité de CDI. Le déploiement des compteurs communicants (télérelève de l'eau, Linky pour l'électricité, Gazpar pour le gaz) supprime progressivement le besoin de passage physique chez l'abonné, ce qui fait mécaniquement baisser le nombre de postes de relève pure. Les recrutements restent réguliers pour les campagnes de relève saisonnières et, surtout, se déplacent vers la pose et le paramétrage des compteurs télérelevés, le remplacement de parc et la maintenance des réseaux. Autrement dit : il y a du travail à l'entrée, mais il faut voir ce poste comme un tremplin plutôt que comme une carrière longue. Les principaux recruteurs sont les distributeurs d'eau et leurs délégataires, les régies et syndicats intercommunaux, les gestionnaires de réseaux d'énergie et les agences d'intérim (Crit, Adecco, Manpower, Start People).