À l'embauche, la rémunération se situe au niveau du SMIC ou juste au-dessus : la grille La Poste 2026 démarre autour de 1 900 € brut par mois pour un facteur débutant (classe II.3), soit environ 1 450 à 1 600 € net. Elle progresse à l'ancienneté (environ 2 000 € brut après un an, 2 100 € après trois ans). S'y ajoutent des compléments qui pèsent vite 10 à 15 % de la rémunération : indemnités de tournée, compléments géographiques (notamment en Île-de-France), primes d'intéressement et majorations pour travail le samedi. Un facteur expérimenté ou encadrant dépasse couramment 2 300 à 2 500 € brut.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Le métier est accessible avec un niveau minimum de fin de collège : le diplôme national du brevet (DNB) ou un CAP suffisent, et le permis B est exigé pour la plupart des tournées. Trois voies principales : la candidature directe sur une offre (CDI, CDD ou intérim, avec formation interne au poste) ; l'alternance via Formaposte, le CFA du groupe La Poste, qui prépare en 7 mois le titre professionnel Conducteur livreur sur véhicule utilitaire léger (CLVUL) en apprenant le métier sur le terrain ; ou le CAP opérateur/opératrice de service — relation client et livraison, préparé en lycée professionnel ou en apprentissage, qui forme directement aux activités de tri, de livraison et de relation client. La Poste a annoncé 3 700 recrutements en alternance pour 2026, dont environ 1 000 sur les métiers de facteur, agent de production et opérateur logistique, avec un taux d'embauche à l'issue de la formation situé entre 75 et 90 %.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
La journée commence tôt, souvent vers 6 h 30, à l'intérieur du bureau de poste ou de la plateforme de distribution. Première étape : le tri. Le facteur ou la factrice trie les lettres, les magazines, les recommandés et les colis, puis les range dans l'ordre exact de sa tournée — c'est ce qu'on appelle le « piquage ». Cette préparation dure en général deux à trois heures.
Vient ensuite la tournée elle-même, à pied, à vélo à assistance électrique, en scooter ou en véhicule utilitaire selon le secteur. Il faut déposer le courrier dans les boîtes aux lettres, faire signer les recommandés et les colis contre remise, gérer les absences et les instances, relever les boîtes jaunes aux horaires fixes. Un smartphone professionnel accompagne toute la tournée : scan des colis, preuve de livraison, signalement des anomalies.
Depuis quelques années, le métier s'est nettement élargi. Comme le volume de courrier baisse, La Poste a développé des services de proximité : livraison de médicaments, portage de repas, visites de veille auprès de personnes âgées isolées, relevés de compteurs, vente de timbres et de produits postaux. Une grande partie des facteurs et factrices sont aujourd'hui « polyvalents » et alternent distribution classique et services à la personne.
C'est un métier d'extérieur, exercé par tous les temps : pluie, gel, canicule. Les horaires sont décalés — début vers 6 h ou 6 h 30, fin en début d'après-midi — avec un travail six jours sur sept par roulement, samedi compris. La distribution demande une bonne condition physique : plusieurs kilomètres parcourus chaque jour, port d'une sacoche et de colis, montées et descentes de véhicule répétées, ce qui expose aux troubles musculo-squelettiques si les gestes ne sont pas bien appris.
En contrepartie, l'autonomie est réelle : une fois la tournée commencée, on organise son rythme. Et le contact humain est quotidien — pour beaucoup de personnes âgées ou isolées, le facteur reste la seule visite de la journée. Le permis B est quasiment indispensable, surtout en zone rurale où les tournées se font en voiture sur de longues distances.
Avec l'expérience, on peut devenir facteur qualité (référent d'un secteur), encadrant d'équipe puis responsable d'équipe ou responsable de production dans une plateforme de distribution. Le passage vers le guichet est fréquent : facteur-guichetier, chargé de clientèle en bureau de poste, puis conseiller bancaire à La Banque Postale après formation interne. D'autres évoluent vers la logistique et le tri (pilote de machine de tri, chef d'équipe en centre de traitement) ou vers les métiers du colis chez Colissimo et Chronopost.
La formation continue interne de La Poste est un vrai ascenseur : beaucoup de cadres opérationnels ont commencé comme facteurs. Hors de La Poste, les compétences acquises (conduite, livraison, relation client, gestion d'une tournée) ouvrent vers la messagerie, la livraison du dernier kilomètre ou la logistique urbaine.
La Poste emploie environ 73 000 factrices et facteurs en France et recrute en continu, en CDI comme en alternance : 3 700 alternants prévus en 2026, dont près de 1 000 sur les métiers de la distribution. Le turnover et les besoins de remplacement rendent l'accès au métier assez ouvert, y compris sans diplôme au-delà du brevet — c'est l'un des rares métiers qui recrute encore massivement à ce niveau de formation. Le contexte est toutefois en pleine transformation : le volume de courrier chute d'année en année tandis que les colis explosent (455 millions en 2022, soit +64 % depuis 2015). Résultat, les effectifs globaux se réduisent lentement et le contenu du poste se diversifie fortement vers les services de proximité (portage de repas, veille sur les personnes âgées, livraison de médicaments, agent de convivialité). Les concurrents privés de la messagerie et de la distribution d'imprimés (Mediapost, Chronopost, DPD…) constituent un second gisement d'emplois.