En début de carrière, la rémunération correspond au SMIC ou au minimum de la convention collective des remontées mécaniques et domaines skiables (IDCC 0454), soit environ 1 800 à 1 900 € brut par mois pour 35 h, auxquels s'ajoutent des primes (froid, altitude, risque, dimanche, ancienneté) et souvent des avantages en nature : forfait de ski, logement en station, repas. Un conducteur confirmé sur télésiège ou téléphérique tourne autour de 2 100 à 2 300 € brut mensuels ; un chef de secteur ou un conducteur très expérimenté peut dépasser 2 500 à 2 800 €. Attention : comme le contrat est le plus souvent saisonnier (4 à 5 mois), le revenu annuel dépend fortement de l'activité exercée le reste de l'année.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Le métier est accessible sans diplôme spécifique dans certaines stations (embauche saisonnière puis formation interne), mais les voies les plus solides sont le CAP Transports par câbles et remontées mécaniques (2 ans après la 3e) et le Bac pro Transports par câbles et remontées mécaniques (3 ans après la 3e, ou 2 ans après un CAP du domaine), tous deux préparés dans un très petit nombre de lycées, notamment en Savoie et Haute-Savoie, en scolaire ou en apprentissage. La branche professionnelle délivre par ailleurs des CQP (certificats de qualification professionnelle) qui rythment la carrière : CQP Agent d'exploitation des remontées mécaniques et domaines skiables, puis CQP Conducteur de téléski, Conducteur de téléporté à attaches fixes, Conducteur de téléporté débrayable ou de téléphérique. D'autres profils sont recrutés avec un CAP/Bac pro en électrotechnique, maintenance des équipements industriels ou mécanique. Pour évoluer vers la maintenance ou l'encadrement, un BTS Électrotechnique, Maintenance des systèmes ou un BUT Génie électrique et informatique industrielle est un vrai plus. Un bon niveau de ski (test pratique à l'embauche) est exigé dans la plupart des stations.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
La journée commence tôt, souvent avant le lever du jour. Avant l'ouverture au public, le conducteur effectue les contrôles obligatoires : essais des freins, vérification des sécurités, tour de ligne, test des liaisons radio, déneigement et damage des aires d'embarquement et de débarquement. Il met ensuite l'installation en marche et l'exploite depuis son poste de conduite ou sa gare.
Pendant la journée, il surveille en permanence le fonctionnement de l'appareil et le comportement des usagers : il régule le flux, aide les enfants et les débutants à embarquer, tend la perche sur un téléski, ralentit ou arrête le télésiège en cas de chute, contrôle les forfaits, renseigne les clients sur le domaine et la météo. Il assure aussi la maintenance de premier niveau : graissage, resserrage, remplacement de pièces d'usure, diagnostic simple, et il rend compte des anomalies à l'équipe technique. En cas de panne, il applique les procédures de marche dégradée et, si besoin, participe à l'évacuation de la ligne — un exercice qui s'entraîne chaque année. À la fermeture, il vérifie que plus personne n'est sur l'installation, met tout à l'arrêt et rédige son rapport d'exploitation.
Hors saison d'hiver, beaucoup de conducteurs enchaînent avec les grandes visites de maintenance (démontage, contrôle des pinces et des poulies, peinture des pylônes) ou l'exploitation estivale (VTT, randonnée, sites touristiques).
C'est un métier de plein air et de terrain, souvent en altitude, exposé au froid, au vent, à la neige et au brouillard. On travaille debout, dehors, sept jours sur sept pendant les vacances scolaires, avec des horaires élastiques calés sur l'ouverture du domaine (départ en dameuse ou en télésiège de service dès l'aube) et parfois des astreintes. Le week-end et les jours fériés font partie du jeu.
La très grande majorité des postes sont des contrats saisonniers : environ huit salariés sur dix de la branche sont employés quatre à cinq mois par hiver. Beaucoup complètent avec un emploi d'été (agriculture, bâtiment, tourisme) ou avec la maintenance estivale de la station. La convention collective des remontées mécaniques et domaines skiables (IDCC 0454) encadre les rémunérations et prévoit des primes liées au froid, à l'altitude ou au risque. Un bon niveau de ski est demandé dans la plupart des stations, et le logement en saison est souvent proposé par l'employeur.
Avec l'expérience et les CQP de la branche, on progresse vite : conducteur de téléski, puis de téléporté à attaches fixes, puis d'appareil débrayable ou de téléphérique — les installations les plus complexes. On peut ensuite devenir chef de secteur (responsable de plusieurs appareils et d'une équipe), électromécanicien ou technicien de maintenance en remontées mécaniques avec une formation en électrotechnique, puis chef d'exploitation ou directeur de domaine skiable.
D'autres passerelles existent au sein de la station : pisteur-secouriste, conducteur d'engins de damage, nivoculteur (production de neige). Les compétences acquises (transport par câble, sécurité des voyageurs, maintenance) s'exportent aussi vers les transports urbains par câble et guidés (funiculaires, téléphériques urbains, métro, tramway) et vers les constructeurs de remontées mécaniques, en France comme à l'étranger.
Les domaines skiables recrutent massivement chaque automne pour la saison d'hiver, et les postes d'agent ou de conducteur de remontées mécaniques figurent parmi les plus nombreux : les campagnes de recrutement démarrent dès septembre-octobre pour une prise de poste en décembre. Environ huit salariés sur dix sont des saisonniers en CDD de 4 à 5 mois, ce qui crée un renouvellement permanent et de vraies opportunités pour les débutants. Les profils fidèles, qui reviennent chaque hiver et enchaînent les CQP, sont particulièrement recherchés et finissent souvent par décrocher un CDI intermittent ou un poste à l'année (maintenance, encadrement). Deux points de vigilance : la forte tension sur le logement en station, et l'incertitude climatique qui pèse sur les stations de basse et moyenne altitude — les grands domaines d'altitude et le développement du transport par câble en ville (téléphériques urbains, funiculaires) offrent en revanche des perspectives solides.