France Travail indique une fourchette de 1 802 € à 2 188 € brut par mois pour 80 % des offres du métier. Les débuts se font souvent au niveau du SMIC ou juste au-dessus, avec une part variable (commission sur les grammes achetés ou sur la marge) qui peut représenter plusieurs centaines d'euros par mois pour un bon vendeur. Un responsable de comptoir expérimenté atteint 2 500 à 3 500 € brut. Les indépendants et gérants de comptoir sortent complètement de cette grille : leur revenu dépend du volume racheté et du cours de l'or, avec des rémunérations nettes annuelles souvent citées entre 40 000 € et 120 000 € pour un comptoir qui tourne bien — mais avec le risque d'entreprise associé.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Il n'existe pas de diplôme unique qui mène à ce métier : les recruteurs cherchent d'abord un profil commercial capable d'apprendre l'expertise sur le terrain. La voie la plus fréquente est un Bac pro Métiers du commerce et de la vente, complété ou non par un BTS MCO ou NDRC. Une formation initiale en bijouterie-joaillerie (CAP Art et techniques de la bijouterie-joaillerie, BMA Art du bijou) est un vrai plus : elle donne l'œil pour les poinçons, les alliages et la qualité des pièces. Pour aller vers l'expertise pure, l'Institut National de Gemmologie (Paris, Lyon) propose un Bachelor Gemmologue-expert de niveau bac+3 qui couvre aussi les métaux précieux, et la Haute École de Joaillerie forme aux métiers du bijou. Dans les faits, la plupart des enseignes de rachat d'or recrutent des vendeurs motivés (bac à bac+2) et les forment en interne pendant plusieurs semaines aux techniques de test, à la réglementation douanière et au livre de police. Une expérience préalable en vente, en bijouterie ou en banque est très appréciée.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
La journée commence par la consultation du cours de l'or, qui bouge en permanence : c'est lui qui fixe le prix d'achat proposé aux clients. Ensuite, les particuliers défilent au comptoir avec des chaînes cassées, des alliances, des pièces (Napoléon, Krugerrand), de l'argenterie ou parfois un lingot hérité. Pour chaque objet, l'acheteur vérifie l'authenticité et le titre du métal : lecture des poinçons à la loupe, test à la pierre de touche et à l'acide, mesure de densité, parfois analyse par spectromètre XRF. Il pèse au gramme près, convertit en carats ou en millièmes, calcule la valeur et annonce une offre qu'il doit savoir expliquer et défendre.
Une bonne partie du travail est administrative et réglementaire : vérification de l'identité du vendeur, rédaction du contrat avec le délai de rétractation légal, inscription de chaque transaction au livre de police, contrôles anti-blanchiment. À l'inverse, le professionnel vend aussi : lingots et pièces d'investissement à des clients qui veulent placer leur épargne, ou lots de métal refondu à des affineurs et fondeurs. Il gère le stock, le coffre, la sécurité du point de vente et les expéditions de métal.
On exerce principalement en comptoir d'achat d'or (enseignes en réseau ou indépendants), en bijouterie qui pratique le rachat, ou chez un négociant en métaux précieux. Le cadre est celui du commerce de détail : boutique en centre-ville ou en galerie, horaires de magasin du mardi au samedi, souvent seul ou à deux derrière un comptoir sécurisé (sas, caméras, coffre). Le télétravail est exclu, puisqu'il faut avoir la marchandise en main.
Le métier est très encadré : déclaration d'existence auprès de la douane, tenue obligatoire du livre de police, interdiction de payer en espèces, obligations de vigilance anti-blanchiment, taxe sur les métaux précieux. Il faut aussi savoir gérer le facteur humain : les clients viennent souvent vendre des bijoux de famille dans des moments difficiles, et le secteur souffre d'une réputation entachée par quelques acteurs peu scrupuleux. La transparence et la pédagogie font toute la différence.
Après quelques années, on peut devenir responsable de comptoir puis animateur d'un réseau d'agences, ou se spécialiser : expertise en numismatique (pièces de collection), gemmologie (pierres précieuses), horlogerie de luxe, argenterie ancienne. Beaucoup finissent par ouvrir leur propre comptoir ou racheter une franchise — le métier attire les profils entrepreneurs. Les passerelles sont nombreuses vers la bijouterie-joaillerie, la brocante et l'antiquité, les maisons de ventes aux enchères, ou encore le conseil en investissement sur l'or physique.
C'est un métier de niche : France Travail recense environ 180 offres sur douze mois pour l'ensemble du territoire. Le marché est en revanche porté par un cours de l'or historiquement élevé depuis 2025, qui pousse les particuliers à revendre leurs bijoux et alimente l'activité des comptoirs. Les grands réseaux (Or en Cash, Comptoir National de l'Or, Godot & Fils / Achat Or et Argent, BDOR…) comptent chacun plus de cent agences en France et recrutent régulièrement des conseillers pour leurs ouvertures. Les postes se concentrent dans les villes moyennes et grandes, en centre-ville et en galerie commerciale. Le turn-over existe, car le métier demande une réelle rigueur réglementaire et une résistance à la pression commerciale. À l'inverse, le secteur est sensible aux retournements du cours de l'or et à un durcissement possible de la réglementation.